La fatigue est l’une des principales causes de décès sur les routes du Québec.

Philippe, 18 ans: victime de «c’est correct, j’arrive à la maison»

BANG! C’est le bruit effrayant qui a suscité l’attention d’un homme lorsque Philippe percutait le mur de brique du voisin en voiture. Il y a de cela maintenant un mois que Philippe, 18 ans, retournait chez lui à deux heures du matin après son quart de travail. Il y a de cela maintenant deux mois que Philippe, mon meilleur ami, vit sa vie défilée devant ses yeux au moment où il s’éveilla avant de frapper de plein fouet un mur de brique. C’est en revenant de son travail comme matelot que Philippe céda à la fatigue alors qu’il conduisait son véhicule.

Heureusement, malgré l’effroyable peur qu’il vécue, mon meilleur ami vit toujours. Philippe avait beaucoup de projets. L’accident survint le 12 août 2018, il commençait donc sa deuxième année de cégep une semaine plus tard, soit le 20 août, il partait à Cuba avec ses amis deux mois plus tard, soit le 6 octobre, et il aspirait à jouer au hockey, son sport préféré. Philippe dorlotait plein de projets. Des projets qui auraient pu ne jamais se concrétiser. Jamais. Heureusement, il existe toujours. Il trouvera, un jour, un moment pour recommencer, pour entreprendre et effectuer ce qu’il prévoyait puisqu’il pourra remarcher malgré sa fracture de la lombaire trois.

Si je vous raconte l’histoire de mon meilleur ami Philippe, c’est pour vous mettre en garde de la fatigue au volant. Parfois, certaines personnes croient qu’elles puissent arriver chez elles saines et sauves puisque leur maison n’est pas loin. Est-il nécessaire de vous mentionner que Philippe arrivait à la maison une ou deux minutes plus tard? Oui. C’est nécessaire, parce que certaines personnes se croient invincibles. Philippe m’a dit : «Parfois, on sait qu’on est fatigué, mais moi, je ne le savais pas». Vous devez donc vous poser les bonnes questions avant de quitter en voiture, demeurer vigilant et alerte.

La Société de l’assurance automobile du Québec nous informe des divers moyens de prévention de la fatigue au volant et plus encore. Par exemple, le site mentionne que «les accidents ont généralement lieu en milieu d’après-midi ou la nuit, à cause de notre horloge interne» (SAAQ, 2018.) En vous informant davantage sur le sujet de la fatigue au volant, vous pourrez facilement reconnaître les dangers. La SAAQ nous informe également que «la fatigue est l’une des principales causes de décès sur les routes du Québec. Chaque année, elle est en cause plus d’une fois sur cinq dans l’ensemble des accidents provoquant des blessures ou la mort». L’organisation précise que «la fatigue au volant cause en moyenne 78 décès et 8532 blessés». Il est donc primordial de se sensibiliser à ce problème qui occasionne trop de cas chaque année. Ne commettez pas la même erreur que Philippe, ne prenez pas le volant si vous doutez de votre condition.

C’est lorsque la mère de Philippe m’a appelée en pleurs me disant qu’elle se trouvait à l’hôpital de l’Enfant Jésus à Québec et que mon meilleur ami reposait sur la table d’opération, j’ai senti mon corps se dissoudre, mon téléphone devenir très lourd et j’attendais qu’elle me dise qu’il survivrait. Je m’attendais à tout sauf à ça. Pourquoi lui Pourquoi mon «Philou»? Cette journée-là, par pure coïncidence, je me trouvais à Québec. En moins de vingt minutes, je me tenais auprès de ses parents, en pleurs, me disant que je ne quitterais pas cet hôpital sans le voir, vivant. Et je l’ai vu. Nul besoin de vous dire que j’ai parcouru les 60 minutes de route me séparant de lui chaque jour pour le voir se rétablir.

Aujourd’hui, en ce 31 octobre, Philippe renaît au centre François-Charron de Québec. Tel un bambin, il apprend à marcher, à redevenir autonome. Il voit de bonnes améliorations et nous sommes tous fiers des progrès qu’il accomplit. Bientôt, mon «Philou» retrouvera l’usage complet de ses jambes. Bientôt, Philippe retrouvera la mobilité de l’adulte qui germait en lui. 

Gabrielle Bonneau, Montmagny