Nous ferons l’impossible

Ce texte a été adressé comme message aux représentants du monde sociopolitique et aux collègues de travail du journal Le Quotidien, dans le cadre de la soirée solidarité en soutien aux journaux régionaux du Groupe Capitales Médias. L’auteur est Louis Tremblay, président du Syndicat des communications du Quotidien et vice-président de la Fédération nationale des communications.

La présence en grand nombre de représentants des différents milieux à cette soirée de solidarité témoigne bien de la place qu’occupe le journal Le Quotidien dans la vie politique, culturelle et sociale du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

En tant que président du Syndicat des communications du Quotidien, je tiens à vous remercier pour votre témoignage de solidarité dans une période difficile de l’histoire de notre journal.

Il est aujourd’hui inutile de nous laisser distraire par la tentation plus que justifiée de faire le procès des propriétaires qui ont tour à tour exploité une entreprise qui réalisait des profits considérables avant de nous abandonner en 2015 alors que les premiers signes de la crise structurelle qui secoue l’industrie de la presse écrite étaient perceptibles.

Depuis cette transaction, le Syndicat des communications du Quotidien a toujours pris des décisions qui ont permis à l’entreprise de poursuivre ses opérations jusqu’au jour où un nouveau modèle d’affaires émerge et permette de financer la production d’une information indépendante de qualité.

Malgré cette collaboration honnête et volontaire avec les dirigeants du Groupe Capitales Médias, nous avons toujours émis de sérieux doutes sur la viabilité à court et moyen terme du modèle d’affaires actuel. Nous n’avons pas été renversés par les événements des derniers jours. Dès 2016, le Syndicat des communications du Quotidien s’est inscrit aux côtés de la Fédération nationale des communications dans une importante démarche de sensibilisation des gouvernements fédéral et du Québec au risque de la disparition de la presse écrite. 

Cette démarche a mené à la création d’un programme fédéral d’aide à la presse écrite et, pas plus tard que mercredi dernier, le premier ministre François Legault confirmait la pertinence de maintenir au Québec une presse diversifiée alors que son gouvernement doit dévoiler pendant l’automne un programme d’aide permanent pour les entreprises de presse.

Comme vous avez pu le constater, dès l’annonce d’une aide spéciale du gouvernement du Québec pour supporter les six quotidiens du groupe, la Fédération nationale des communications et la CSN ont confirmé leur volonté de soutenir la création d’une coopérative de travailleurs actionnaires. Dès mardi prochain, mes camarades auront à se prononcer sur cette démarche qui vise à envoyer un signal clair à un éventuel investisseur de notre volonté de participer activement à la relance de l’entreprise.

Nous nous inscrivons donc dans une démarche qui vise trois objectifs fondamentaux. Le maintien des emplois de qualité, la pérennité de l’information en région et la protection des retraités.

Avant de terminer, j’aimerais évoquer le professionnalisme avec lequel les collègues des médias de la région ont traité la situation de notre entreprise.

Aussi est-il important de souligner le soutien de la ministre responsable de la région, Andrée Laforest, et celui du gouvernement du Québec, qui ont reconnu les enjeux de société qui sont rattachés à l’existence d’une presse libre.

En terminant, je voudrais aussi mentionner le choix politique de la mairesse de Saguenay Josée Néron de maintenir la publication des avis publics alors que de nombreuses municipalités du Québec ont choisi de mettre un terme à cette pratique.

À mes camarades du Quotidien, journalistes, photographes, employés de bureau et représentants publicitaires, je ne suis pas en mesure de garantir le succès de notre démarche, mais je peux vous assurer que votre syndicat, la Fédération nationale des communications et la CSN vont faire l’impossible pour que notre journal parvienne à sortir de cette crise.

Merci à tous de votre support.