Nos défis collectifs en éducation

Le premier ministre désigné du Québec, monsieur François Legault, a souligné l’importance de travailler ensemble pour faire avancer le Québec. L’éducation constitue un des secteurs où cette affirmation prend tout son sens et l’identification de priorités rassembleuses apparaît comme une étape incontournable.

Avant d’identifier nos priorités, il est bon de faire un bref survol de l’actualité scolaire. Grâce aux efforts concertés de tous les acteurs du réseau public d’éducation, la persévérance scolaire s’est améliorée au Québec, et par conséquent la réussite éducative. La société québécoise a pris collectivement conscience de la nécessité de valoriser la profession enseignante et elle reconnaît de plus en plus l’importance de l’environnement scolaire pour les élèves et le personnel. 

La conclusion d’une entente à la suite de l’action collective sur les frais exigés aux parents a mis en lumière la nécessité d’un débat sur la gratuité scolaire. Les commissions scolaires ont accueilli dans les murs de leurs écoles de plus en plus de nouveaux arrivants, reflet de notre engagement à offrir une éducation de qualité et accessible à tous. Enfin, la pénurie de main-d’œuvre aura permis d’amorcer un positionnement tant attendu de la formation professionnelle sur l’échiquier du développement économique du Québec.

Au regard de ces changements de la réalité scolaire, nous souhaitons mettre l’accent sur les quatre priorités suivantes:

— Définir ce que nous entendons par une école gratuite et accessible à tous

L’action collective sur les frais exigés aux parents a provoqué beaucoup de remous, particulièrement durant les derniers mois. L’année scolaire en cours permettra aux acteurs du réseau de réfléchir et de définir la gratuité de l’École publique répondant aux aspirations des Québécois. Dès la prochaine rentrée, nous devrons avoir statué sur la question et apporté les modifications législatives nécessaires à l’encadrement de cette gratuité scolaire. Dire que c’est une priorité relève de l’euphémisme, il s’agit là d’une urgence.

— Valoriser la profession enseignante

Le réseau public d’éducation peine à pourvoir l’ensemble des postes nécessaires à l’accompagnement de nos élèves. Plusieurs signes nous indiquent le manque d’attrait pour ces emplois pourtant cruciaux, particulièrement la profession enseignante. Si nous sommes d’avis que le système d’éducation représente l’épicentre de notre société, il faut prendre cette problématique à bras-le-corps et reconnaître la contribution essentielle des enseignants à la réussite éducative, voire au développement de notre société.

— Poursuivre les investissements en infrastructures et la réflexion liée à l’environnement d’apprentissage sain et stimulant

L’état de nos infrastructures aura fait la manchette à maintes reprises au cours de la dernière année et des investissements majeurs ont été consentis pour développer et améliorer le parc immobilier scolaire. Il faudra encore 10 ans d’efforts soutenus pour redonner à nos élèves des lieux d’apprentissage stimulants. De plus, la réflexion entamée autour du bâti scolaire doit se poursuivre et influencer les projets de construction et de rénovation des écoles.

— Faciliter la continuité dans le parcours scolaire

À notre époque, les enfants sont confiés de plus en plus tôt à des adultes en dehors du cercle familial. Le parcours des élèves démarre en milieu de garde et se poursuit en milieu scolaire. Le lien étroit entre ces deux réseaux devient alors crucial pour une entrée et un parcours réussis à l’école. L’idée de connaître très rapidement les besoins particuliers des enfants pour un accompagnement adéquat contribue à adoucir les transitions et à favoriser la réussite éducative.

Voilà, à n’en pas douter, des points de convergence pour l’ensemble des acteurs du réseau public d’éducation. Et rappelons-nous que la persévérance, la réussite et l’éducation à la citoyenneté doivent toujours constituer les points d’ancrage de nos efforts, le socle de notre raison d’être, le cadre d’analyse de nos choix, de nos efforts et de nos résultats.

Alain Fortier, Président de la Fédération des commissions scolaires du Québec