Moments de reconnaissance

Chronique spiritualité / À la fin de son mandat comme évêque du diocèse de Chicoutimi, Mgr André Rivest a eu l’occasion de participer à des rencontres de reconnaissance au Saguenay et au Lac-Saint-Jean. Avant de recevoir les hommages des nombreuses personnes présentes, c’est en ces termes qu’il leur a adressé la parole.

« Alors que j’étais évêque auxiliaire à Montréal depuis neuf ans, quand le pape Jean-Paul II me demandait si j’acceptais de prendre la relève de Mgr Jean-Guy Couture comme évêque du diocèse de Chicoutimi, qui comprend tout le Lac-Saint-Jean et le Saguenay, je me suis demandé ce que Dieu pouvait bien vouloir de moi. Au soir de ma prise en charge le 17 septembre 2004, je confiais mon étonnement de me retrouver évêque d’un des 13 plus grands diocèses du Canada… 

Je réalise, après 75 ans de vie, qu’accepter de ‘‘marcher à la suite de Jésus’’ n’est jamais une mauvaise décision. Au contraire, même si ce n’est pas toujours évident, c’est un chemin de bonheur ; c’est un choix où l’espérance n’est jamais déçue.

Mon premier motif de reconnaissance est lié à Dieu lui-même. J’emprunte les mots à l’Apôtre Paul dans sa première lettre à Timothée : ‘‘Je suis plein de gratitude envers celui qui me donne la force, le Christ Jésus notre Seigneur, car il m’a estimé digne de confiance lorsqu’il m’a chargé du ministère… (1 Tim 1, 12) ’’. Dans les jours de soleil et dans les jours de nuages, j’ai toujours compris que je lui devais absolument tout.

Ma reconnaissance, je veux aussi l’exprimer à vous, chers diocésains et diocésaines. J’ai travaillé en éducation pendant 24 ans, et j’ai toujours prétendu que les personnes les plus importantes étaient celles qui étaient la raison d’être de mon service. Vous avez été la raison d’être de mon service apostolique au milieu de vous. Vous m’avez tellement conquis que j’ai décidé de finir ma vie avec vous, en me mettant à votre service et à celui de Mgr René Guay.

Quand je suis arrivé, j’ai exprimé mon admiration aux personnes, femmes et hommes, de vie consacrée. Je leur ai dévoilé mon Credo personnel et ma confiance en elles. Je leur ai fait une demande explicite : celle de former un ‘‘ front commun’’ de la prière pour notre Église et pour que l’Esprit Saint m’éclaire et me soutienne dans ma mission. Je suis conscient que ce fut une force réelle tout au long de mon mandat. Quelle reconnaissance je vous dois ! 

Aussi, je serais le plus injuste des évêques si je ne m’inclinais pas devant toutes mes collaboratrices, mes collaborateurs et autres personnes en lien pour leur exprimer ma reconnaissance. 

Sur le terrain des paroisses, surtout, mais aussi des municipalités, des médias, des organismes voués à la mission d’évangélisation de l’Église, les équipes de pastorale paroissiale, de nombreux laïcs bénévoles, des femmes, des hommes, d’une grande générosité et désireux de construire chez nous un monde meilleur, m’ont soutenu et permis de réaliser ma mission. 

Un grand merci à vous, marguillières et marguilliers, présidentes et présidents d’assemblée de fabrique qui avez la responsabilité devenue si difficile à exercer dans le contexte actuel d’appauvrissement, mais responsabilité essentielle de structurer les finances pour permettre à l’Église d’annoncer l’Évangile et de prendre le tournant missionnaire devenu nécessaire à la survie et à la croissance de la foi chrétienne.

Un grand merci également à vous, les membres des Équipes d’animation locales. Soutenus par l’Équipe de pastorale de votre Unité, vous êtes les maîtres d’œuvre de l’immense chantier des réaménagements pastoraux dans votre milieu. Je sais que vous avez une lourde responsabilité en prenant votre place comme laïcs pour la revitalisation de vos communautés. 

En vous laissant éclairer par la Parole de Dieu et conduire par l’Esprit Saint, vous arriverez à vaincre les obstacles, celui de la pauvreté et de la relève, notamment. La clé maîtresse pour ouvrir des brèches dans ce qui vous paraît des murs infranchissables, c’est celle de la mise ensemble, de la mise en commun de vos ressources. 

Sans rien enlever à personne et tout en reconnaissant leur précieux apport pour qu’atterrisse dans les milieux l’annonce de l’Évangile, je veux remercier aussi les membres des équipes diocésaines et le personnel de soutien de l’évêché pour leur dynamisme et leur amour de l’Église. Sans eux, un évêque est un serviteur hypothéqué qui n’a plus ni bras ni jambes, et surtout, qui est privé d’une bonne portion de sa capacité d’aimer et de servir. Ils sont sa proximité, sa présence à la grandeur du diocèse. 

Je m’en voudrais de ne pas exprimer particulièrement ma reconnaissance aux membres de mon équipe ‘‘ rapprochée ’’, l’Équipe de l’Évêque. 

Le Seigneur nous a donné Mgr René Guay comme nouveau pasteur. Ensemble, nous mettrons le meilleur de nous-mêmes pour le soutenir de notre prière et pour collaborer avec lui à l’annonce de l’Évangile. »

Mgr André Rivest

Évêque du diocèse de Chicoutimi