Mise au point des Serres Toundra

OPINION / Récemment, Serres Toundra a fait les manchettes et, encore une fois, plusieurs inexactitudes ont été véhiculées. Bien que par le passé nous ayons été discrets sur les commentaires partagés publiquement, je pense qu’une mise au point est nécessaire.

Subventions

Plusieurs ouï-dire ont circulé au sujet des subventions dont Serres Toundra aurait été bénéficiaire. Voici les faits. Lorsque nous avons entrepris le projet Serres Toundra, les institutions financières étaient très hésitantes à prendre des risques dans le domaine serricole. De plus, lorsque nous étions en pleine période de négociation avec nos banquiers, Savoura a fait faillite, ce qui a rendu encore plus difficile l’accès au capital. Le gouvernement du Québec, à l’aide de son bras financier Investissement Québec, a donc décidé de garantir la dette auprès de l’institution financière. Cependant, cette garantie avait un coût élevé considérant le risque et Serres Toundra a eu à payer plus de 3 millions de dollars en frais pour cette dernière. Le gouvernement fédéral a aussi participé au financement comme créancier. Serres Toundra n’a pas bénéficié de subvention fédérale. Nous n’avons donc bénéficié d’aucune subvention pour la construction des serres.

Il a aussi été mentionné que Serres Toundra avait reçu un montant de 7,5 millions de dollars de subvention de la part de la ville de Saint-Félicien. Encore une autre inexactitude. Cette somme a été investie lors de la préparation des infrastructures d’accueil de Serres Toundra et pour l’installation d’une boucle d’eau chaude permettant de récupérer les pertes de chaleur provenant de l’usine de Produits forestiers Résolu. Lorsque nous parlons d’infrastructures d’accueil, c’est l’extension du réseau d’eau potable et du service d’eaux usées de la Ville jusqu’à la limite du terrain des Serres Toundra. Il est tout à fait normal qu’une ville fournisse les services publics aux entreprises qui veulent s’installer sur son territoire, c’est la base du développement économique.

Pour ce qui est des montants investis pour le système de récupération de chaleur, ils proviennent d’un programme du gouvernement du Québec ciblant le développement des infrastructures municipales. Rappelons que l’utilisation des rejets d’eau chaude provenant de l’usine de Résolu équivaut à retirer 5000 voitures de la circulation, ce qui est non négligeable comme apport aux changements climatiques. En résumé, sur les 7,5 millions de dollars investis par la ville de Saint-Félicien, 5,6 millions de dollars proviennent de différents programmes du gouvernement du Québec. Le reste de la somme est remboursée annuellement par les Serres Toundra. Le coût de l’implantation du complexe des Serres Toundra sera donc nul pour l’ensemble des citoyens de Saint-Félicien. Nous n’avons donc bénéficié d’aucune subvention de la part de la Ville de Saint-Félicien.

Retombés économiques

Il est connu de tous que Serres Toundra fait appel à des travailleurs étrangers pour combler la pénurie de main-d’œuvre qui sévit présentement dans notre région. Certains prétendent que depuis l’arrivée de ces derniers, Serres Toundra n’apporte pas les retombées économiques escomptées. À ce stade, il est bon de rappeler que peu importe la provenance des travailleurs, les mêmes règles de déduction à la source s’appliquent. Les travailleurs étrangers payent les mêmes montants d’impôts que n’importe quel travailleur. Annuellement c’est donc plus de 1,8 million de dollars en déduction à la source qui se retrouvent dans les coffres des gouvernements afin de contribuer au financement des différents programmes gouvernementaux. S’il est vrai que les travailleurs étrangers envoient une partie de leurs revenus dans leurs pays respectifs, il ne faut pas oublier que ces derniers doivent se nourrir, se vêtir, se loger,etc.. C’est donc plus de 750 000 $ annuellement que ces derniers dépensent dans notre économie locale.

Serres Toundra fait aussi appel à des entreprises locales pour une multitude de travaux et services. Depuis 2015, près de 10 millions de dollars de contrats ont été accordés à plus de 200 entreprises de la région. Nous encourageons l’économie locale d’un montant d’environ 2 millions de dollars sur une base annuelle.

Conclusion

Autant la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean était reconnue pour ses bleuets, autant cette dernière l’est de plus en plus pour ses concombres. Serres Toundra est devenu un joueur majeur de l’industrie serricole en Amérique du Nord et ses retombées économiques sont très importantes avec plus de 4,5 millions de dollars par année, quoi qu’en disent certaines personnes pas bien informées.

Notre région manque cruellement de projets d’envergure, capable de rayonner au niveau international. Lorsqu’un projet comme Serres Toundra faisant appel à des technologies de pointe étrangères et redéfinissent complètement le modèle d’affaire d’une industrie voit le jour, il est normal que des questions soient soulevées et que l’on doive répondre à ces dernières. Cependant, il est dommage que certaines personnes en profitent pour créer de la désinformation envers le public, et ce, depuis trop longtemps. En plus de nous porter préjudice, cela peut avoir comme conséquence de décourager d’autres entreprises qui aimeraient lancer un projet d’envergure en région.

Éric Dubé,

président-directeur général, de Serres Toundra Inc.