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M. Trudeau, vous ne connaissez pas le Québec

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
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LETTRE OUVERTE / Cette semaine, Justin Trudeau a une nouvelle fois déçu les Québécoises et les Québécois. En plus de les décevoir, il les a insultés. Je vous explique pourquoi.

Par Richard Martel, député de Chicoutimi-Le Fjord et lieutenant pour le Québec des conservateurs

Le premier ministre était en conférence de presse en réaction au terrible attentat qui a eu lieu à London, en Ontario, qui a coûté la vie à quatre membres d’une même famille et a grièvement blessé le plus jeune fils, sous prétexte qu’ils étaient musulmans. À une question d’un journaliste (ne me demandez pas si je trouve le lien légitime ou même un tant soit peu honnête), à savoir s’il y avait un lien entre ce terrible crime et la Loi sur la laïcité de l’État (la Loi 21), notre premier ministre Justin Trudeau a répondu : « Ça ne me surprendrait pas que dans les semaines ou mois à venir, il y ait une réflexion sur la loi 21, en partie parce que ça fait un an qu’on passe beaucoup de temps avec des masques qui couvrent nos visages et qu’on reçoit des services de l’État ».

Les bras me sont tombés à ce moment-là. En quoi les masques médicaux portés en pleine pandémie pour nous protéger contre ce virus mortel peuvent interférer dans le désir du Québec de légiférer pour que l’État québécois soit officiellement laïque ? Il faudrait me l’expliquer celle-là. Et est-ce qu’une loi votée et appliquée au Québec peut vraiment faire en sorte de pousser un homme d’une autre province à commettre une telle atrocité ? C’est aberrant juste d’y penser. Pourquoi penser que le Québec reverrait sa position sur la Loi 21 dans ce contexte ?

Ce n’est tout de même pas étonnant de constater la façon dont M. Trudeau ne respecte pas les champs de compétence des provinces, et surtout celle du Québec. Pensons simplement aux transferts en santé promis uniquement si l’argent est utilisé dans les CHSLD ou au système de garderie national que le gouvernement fédéral veut implanter dans le cadre de son dernier budget. Ces compétences sont provinciales et le Québec les gère déjà selon ses standards et ses orientations. C’est le problème de ce gouvernement : il veut toujours dire au Québec comment dépenser son argent et comment légiférer. Ce n’est pas des affaires de M. Trudeau.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je pense que le gouvernement fédéral doit être un partenaire des projets provinciaux et non pas un père qui dicte de manière autoritaire. C’est particulièrement vrai pour le Québec puisque, comme le gouvernement conservateur l’a reconnu en 2006, nous sommes une nation. Et cette nation doit être protégée et chérie, car il s’agit d’une force du Canada. Nous sommes un bastion francophone dans une mer anglophone et il faut prendre les moyens pour préserver notre identité. C’est un enjeu extrêmement important pour le Parti conservateur et pour notre chef, Erin O’Toole. Il me répète continuellement lors de nos discussions qu’il est primordial de prendre les mesures pour protéger le français. Contrairement au Parti libéral de Justin Trudeau, nous serons des partenaires pour le Québec.