Les mots anglais : pourquoi ?

OPINIONS / Il est surprenant d’écouter le langage utilisé par des animateurs ou des artistes à la télévision qui n’hésitent aucunement à nous inonder de mots anglais au cours d’entrevues. En quelques heures à peine, on a entendu successivement dans des émissions en français, ce dimanche 12 novembre, des artistes parler de : « story telling », « delivery », « spreading ».

Ces termes s’ajoutent à d’autres, entendus dernièrement : « premier lead » à la télé dit par une jeune comédienne ou encore parler d’un « shut down », un « one-liner » et « edgy ».

Pourquoi utiliser ces mots ? Pour se tirer un rang au-dessus du public ? Pour montrer que l’on possède le jargon anglais du métier ? Par paresse ? Par snobisme ? Par ignorance ?

Je donne ces quelques exemples, mais il y en aurait beaucoup d’autres, et il suffit de prêter l’oreille pour entendre ces mots anglais qui n’ont pas leur place dans notre langue, car le français possède les mots et expressions pour décrire ces réalités.

Lorsque des anglophones s’expriment en français, on peut s’attendre à ce que des mots anglais apparaissent ici et là dans le discours, car ces locuteurs n’ont pas toujours tous les mots en français requis pour la communication, mais quand il s’agit de francophones qui disent aimer leur langue, on s’attendrait à ce qu’ils respectent leur public.

Pierre Lincourt 

Chicoutimi

L’apocalypse est-elle à nos portes ?

Je me souviens de mon coiffeur qui affirmait que toutes les catastrophes terrestres étaient causées par les péchés du monde. Les éruptions volcaniques et les tremblements de terre étaient des punitions divines. Tant dans le monde antique qu’à l’époque médiévale, cette croyance était grandement répandue et poussait les gens à multiplier les rituels supposément religieux afin de calmer la colère de l’Être suprême.

Et en ce début du XXIe siècle, le Moyen-âge semble revenir. Non, ce n’est plus la peste qui causera la mort de l’humanité, mais c’est le populisme qui contamine de jour en jour la démocratie. En démocratisant les communications, les nouvelles technologies ont ouvert la porte non seulement à l’ensemble des nouvelles découvertes scientifiques et à la multitude de réflexions concernant à peu près tous les aspects de la vie, mais aussi à toutes sortes d’idées farfelues. Soit par paresse intellectuelle ou par malhonnêteté intellectuelle, soit par ignorance ou par absence de sens critique, il semble que les idées les plus négativement réactionnaires ou les plus stupides et les plus farfelues se propagent à la vitesse de l’éclair. Aujourd’hui comme au Moyen-âge, les charlatans ont plus de crédibilité que les scientifiques et les philosophes. On a remplacé l’obscurantisme par son jumeau, le populisme.

La fin du monde est-elle proche ? Évidemment, nous avons tous en mémoire les pseudo-prophéties de groupes religieux qui régulièrement aiment se faire remarquer par ces annonces apocalyptiques, mais dans les faits, qu’en est-il ? Une guerre nucléaire ou la destruction de la planète par les catastrophes climatiques nous pendent au bout du nez. Lequel de ces événements arrivera le premier et quand ?

En fait, pour revenir à mon coiffeur, peut-être avait-il raison. La cause première de la fin du monde ne serait-elle pas présente d’abord dans la tête et le cœur des hommes et des femmes vivant actuellement sur la planète Terre ? Car si on prend le temps de bien réfléchir, ces deux épées de Damoclès qui pendent au-dessus de nos têtes ne sont-elles pas la conséquence directe de vagues démocratiques totalement stupides. Albert Einstein avait déjà affirmé : « Seules deux choses sont infinies  : l’Univers et la stupidité humaine ; mais pour la première, je ne suis pas sûr ». Plusieurs experts l’affirment : « Pour la première fois en 3,5 milliards d’années une extinction presque totale de la vie sur la planète Terre sera causée volontairement et sciemment par des êtres conscients et intelligents ».

Il nous faudrait peut-être, comme Noé, construire une embarcation pour assurer la survie de la biosphère, mais quoi ? Le déluge du populisme envahit déjà notre monde et détruit toute forme de sens critique, de vision à long terme et d’appel à la solidarité. Même si Jonas revenait pour crier : « encore 40 jours et la Terre sera détruite », personne ne l’écouterait. Nous préférons le discours de la croissance perpétuelle au détriment de la protection de Gaia, la Terre-mère ; nous préférons le discours du chacun pour soi et de l’utilisateur-payeur plutôt que l’implantation d’une véritable solidarité sociale.

André Beauregard

Shefford