Les 500 ans de la Réforme protestante

CHRONIQUE / Le 31 octobre prochain marque les 500 ans de la Réforme protestante. Les 95 thèses de Martin Luther contre les indulgences, affichées sur la porte de l’église du château de Wittenberg, jetteront les bases d’une nouvelle religion chrétienne, mais laisseront aussi une profonde blessure qui prendra des siècles à guérir. Il faudra attendre le Concile Vatican II pour voir naître de véritables efforts de dialogue et de rapprochement. Un signe concret, illustrant l’état des avancées du dialogue entre catholiques et protestants, est la visite du pape François en Suède, les 31 octobre et 1er novembre 2016, pour le lancement des commémorations : marqueur indéniable du déplacement de la position catholique sur la question.

J’ai eu la chance cet été de pouvoir étudier cette question. Est-ce que cela m’a apporté des inconforts ? Oui. Et ce qui en était à l’origine est sans doute mon éducation catholique et les vides laissés par les questions non répondues et auxquelles j’ai cherché tant bien que mal des réponses.

Comprendre

Mes études m’ont amené à comprendre que ce qui est devenue la Réforme est en réalité un long mouvement très complexe qui avait commencé bien avant Luther. Ce mouvement changera à jamais la perception que des millions de croyants et croyantes auront du christianisme pendant des générations. Luther a peut-être eu l’audace que d’autres n’ont pas eue. Nous prenons de plus en plus conscience que si l’Église catholique romaine est ce qu’elle est aujourd’hui, elle le doit aux bouleversements provoqués par cette Réforme.

Si Luther a revendiqué une réforme pour l’Église, c’est véritablement en réponse aux crises de son temps et non pour se séparer. Comme aujourd’hui, plusieurs croyants et croyantes réclament des changements qui seraient davantage ajustés à notre société et à la nouvelle culture. Se pourrait-il que la peur de certaines conclusions mette un frein au dialogue, même s’il apparaît plus facile de discuter à notre époque ? Existe-t-il un véritable débat des idées dans notre Église ? Sommes-nous ouverts à reconnaître que l’Esprit s’adresse à l’Église, non seulement par les voix officielles, mais aussi par la voix des chrétiens et chrétiennes de la base ?

Toute réforme provoque des résistances, en raison des exigences de conversion des habitudes pastorales et de notre pensée théologique. Pour cette raison, il est normal que l’Église soit toujours en tension entre le statu quo et la nécessité de répondre aux aspirations des croyants et croyantes. Il pourrait toujours être question de l’avenir de l’Église comme institution, mais nous devons tout d’abord assurer l’avenir de la foi chrétienne, donc plus largement du christianisme.

Point commun

Le 500e anniversaire de la Réforme protestante est pour moi l’occasion de m’ouvrir à mes sœurs et frères protestants, afin de mettre en lumière ce qui nous est commun : la foi au Christ. C’est ma principale motivation. Quand Benoît XVI disait « il y a autant de chemins qui mènent à Dieu que de personnes sur terre », je comprends que peu importe la manière dont j’exprime ma foi, elle doit faire de moi une personne meilleure. Faire de ce monde un monde meilleur. Voilà ce à quoi je crois !

Frédéric Tremblay, formateur, Institut de formation théologique et pastorale