L’école à bout de bras

OPINION / Pour faire suite aux articles et lettres d’opinion parus dernièrement dans le journal Le Quotidien au sujet de la nouvelle directrice générale de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, Mme Chantale Cyr, le Syndicat de l’enseignement du Saguenay (SES) trouvait important de préciser certains faits.

Dans un texte paru le 17 octobre dernier sous la plume de Denis Villeneuve, l’ex-enseignant devenu commissaire Marc Larocque affirme que c’est « la première fois qu’il voit une directrice générale aller sur le terrain à la rencontre des enseignants et des cadres pour s’enquérir de leur situation ». Dans le but d’en savoir davantage sur la nature de ces rencontres, nous avons effectué des vérifications auprès des enseignantes et enseignants qui y ont participé.

Selon eux, le but de la tournée de Mme Cyr n’était clairement pas de s’enquérir de leur situation, certains qualifiant même la rencontre de « rencontre à sens unique ». Selon les enseignants ayant participé aux rencontres, Madame Cyr a parlé de son cheminement professionnel, de sa vision de l’éducation ainsi que des communautés d’apprentissage professionnel (CAP) qui constituent une nouvelle mode en éducation. À quelques occasions, elle aurait aussi parlé du nouvel établissement trilingue de la commission scolaire, l’école Au Millénaire. Ces rencontres ont eu lieu sur l’heure du midi et le personnel enseignant a eu très peu de temps pour poser des questions et se faire entendre.

De façon plus générale, les enseignantes et enseignants ont l’impression d’être traités comme de simples exécutants depuis l’arrivée en fonction de la nouvelle directrice générale. Sans avoir été consultés, leur tâche de travail est rapidement passée d’un mode global (dans lequel les directions et les enseignants pouvaient ajuster certains éléments en fonction des besoins et de la culture du milieu) à un mode de gestion industrielle, qui compartimente et chronomètre les différents paramètres de la tâche. Les enseignantes et enseignants ne se reconnaissent pas dans cette façon de faire, qui dépouille leur travail de son sens profond et de l’aspect humain qui leur est cher. Ce changement radical est perçu par les profs comme une atteinte à leur autonomie professionnelle. Ils disent avoir moins de temps de préparation et de correction, qui sont pourtant des tâches essentielles pour favoriser la réussite des élèves. En conséquence, ils doivent travailler de plus longues heures à la maison pour offrir à leurs élèves tout l’accompagnement auquel ils ont droit.

Finalement, il n’est pas exagéré d’affirmer que le climat qui prévaut dans les écoles et les centres de formation de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay s’est considérablement dégradé, il est évident que nous sommes loin de la valorisation de la profession enseignante et de la reconnaissance du travail effectué.

Malgré cette situation qu’ils déplorent, soyez assurés que les enseignantes et enseignants font tous les efforts nécessaires pour continuer d’offrir des services de qualité à leurs élèves. 

Ils continuent de porter l’école à bout de bras.

Aline Beaudoin, présidente

Syndicat de l’enseignement du Saguenay 

Élections et logement social

OPINION / Les ménages locataires représentent 36 % de la population à Saguenay. Au nombre de 24 935, 7870 doivent y consacrer plus de 30 % de leur revenu pour se loger, dont 1720 plus de 80 %. Loge m’entraide a réclamé cinq engagements électoraux auprès des candidats à la mairie : aller au-delà du Fonds de développement de logement social ; réclamer du fédéral 2 milliards $ par an pour de nouveaux logements ; réclamer du provincial 50 000 logements sur cinq ans ; acheter et réserver des terrains/bâtiments près des centres-villes dans chaque arrondissement et offrir l’aide requise au projet de coopérative d’habitation la Solidarité à Jonquière. Évidemment, l’aide requise au projet de la Solidarité (construction neuve, car un terrain étant déjà trouvé à Kénogami) était un enjeu majeur pour nos 1000 membres, les 69 donateurs ayant versé 112 000 $ en dons et les 5600 pétitionnaires. Voici donc les réponses des candidats : 

Mme Josée Néron (ERD) « veut favoriser l’utilisation de bâtiments existants pour le développement de logements sociaux ». Elle s’engage sur les quatre autres points. 

M. Jean-Pierre Blackburn (IND) « souhaite une rencontre dans les quatre mois suivant l’élection afin d’identifier des avenues qui pourraient permettre de fonder le projet ». Il s’engage à faciliter l’acquisition de terrains et/ou bâtiments. 

M. Arthur Gobeil (IND) « ne peut, au nom du prochain conseil et en respect de cette démocratie, s’engager en leurs noms ». Idem pour les quatre autres points. 

M. Dominic Gagnon (PCS) « va aider la naissance du projet après que soit réalisé le projet de l’OMH destiné pour des locataires ayant un trouble du spectre de l’autisme ». Aucune mention face aux quatre autres points.

D’autre part, nous saluons l’idée de Mme Néron et M. Blackburn de vouloir former une table sur le logement social à condition que cela ne freine pas la croissance du logement social à Saguenay. Mais si l’un ou l’autre est élu, l’avenir prouvera qu’on ne peut assoir autour d’une même table deux missions opposées (propriétaires et locataires).

Mais d’ici là, locataires, n’oubliez pas d’aller voter le 5 novembre. Votez pour des candidats qui déjà ont la volonté à défendre vos intérêts et protéger vos droits !

Sonia Côté, coordonnatrice

Loge m’entraide