Le Dr Dominic Gagnon

Le nouveau dauphin

CHRONIQUE / Le Dr Dominic Gagnon est un disciple de Pierre « Le Grand défi » Lavoie. N'ayant pas l'avantage d'avoir fait sa connaissance avant sa spectaculaire présentation, jeudi dernier, à l'Hôtel Chicoutimi, dans le cadre d'un rassemblement partisan, comme chef du Parti des citoyens de Saguenay (PCS), j'ai découvert un jeune médecin dynamique, au verbe nerveux, animé par la volonté de servir les intérêts supérieurs de sa communauté.
Missionnaire des saines habitudes de vie, membre du Comité pour l'avenir du site de la Consol et président de l'Association des propriétaires de la péninsule du Cap-à-l'Ouest, il est remarquablement impliqué dans son milieu. S'il met le pied dans l'activité politique, c'est qu'il sait fort bien que seule la participation de l'État - et de ses créatures, les municipalités - conduit à la réalisation concrète de projets collectifs.
Un chef d'équipe
Alors que Jean-Pierre Blackburn jugeait trop encombrant l'encadrement du PCS, Dominic Gagnon le perçoit plutôt comme un atout. Urgentologue à l'hôpital de La Baie, il oeuvre, depuis 15 ans, à la direction d'une équipe multidisciplinaire, dont il doit coordonner l'action au bénéfice de personnes soudainement frappées par la maladie ou victimes d'accident.
Son principal collaborateur demeurera, s'il est élu, Luc Boivin, qui l'a accueilli par une cordiale poignée de main jeudi dernier. L'homme d'affaires rêve à la mairie depuis toujours, mais quand vient le moment de la grande décision, sa raison autant que son coeur optent pour la famille, et tout le monde comprend. Directeur général de la Fromagerie Boivin, il administre une entreprise en pleine croissance qui vient de doubler son chiffre d'affaires et le nombre de ses employés en procédant à l'acquisition de la Fromagerie Lemaire située dans la région du Centre-du-Québec.
Luc Boivin
Durant l'entretien qui a suivi l'intronisation improvisée du Dr Gagnon, le conseiller du district numéro 18 - nébuleuse identification destinée à égarer le contribuable - a répondu en peu de mots, avec beaucoup de clarté, à mes questions, notamment sur le projet Saint-Édouard. L'intelligence brille dans des yeux pénétrants en fixant son interlocuteur quand il élabore son jugement avec des faits et le degré de financement des projets par Québec à travers un code complexe toujours favorable aux deux grandes agglomérations.
Saguenay ne parvient pas, par exemple, à obtenir une vingtaine de millions $ pour rénover le Centre Georges-Vézina et surtout remplacer son toit, mais Labeaume a soutiré l'argent nécessaire à la construction d'un aréna dernier cri conçu pour la Ligue nationale de hockey.
Ce sont ces deux poids, deux mesures. Et ce sont des choix de Saguenay, comme de sa vision d'avenir, que l'électorat veut voir débattre les aspirants au poste d'autorité, qu'occupera Jean Tremblay jusqu'à l'élection du dimanche 5 novembre prochain.
Le maire sortant propose maintenant la candidature d'un novice en politique qui manifeste les meilleures intentions. À la suite de ses premières apparitions publiques, je pressens des interrogations sur son intention de poursuivre la pratique de la médecine tout en occupant la mairie. Cela rappelle le mauvais exemple servi par le Dr Yves Bolduc qui avait facturé au gouvernement, durant son séjour dans l'opposition à l'époque du gouvernement de Pauline Marois, un salaire global de 454 950 $ pour une année seulement. Cette rémunération comprenait un incitatif de 215 000 $, le revenu de 150 000 $ attribué à l'omnipraticien et le salaire du député au montant de 89 950 $. 
Plutôt généreux de son temps, le Dr Gagnon ne mériterait pas d'être associé à un tel mercantilisme.