Le hockey junior majeur

Ce n'est pas la première fois que l'autorité municipale, propriétaire du Centre Georges-Vézina et de la franchise des Saguenéens, confie la gestion de l'équipe à des bénévoles. Ulric Blackburn, le maire de Chicoutimi à cette époque, avait effectué la même démarche en 1988, après la présentation décevante du tournoi à la ronde de la Coupe Memorial.
Rappelons que la Ligue canadienne avait satisfait la demande des Saguenéens de présenter cette compétition très médiatisée. Elle attachait cependant à ce privilège l'obligation de lui verser un bénéfice d'au moins 100 000$.
La Coupe Memorial
Au conseil d'administration de l'équipe que préside le dévoué André Lajoie, la déception tourne à l'angoisse cependant lorsque les Saguenéens, premiers au classement à la fin du calendrier, perdent le privilège de représenter la LHJMQ en s'inclinant, en finale, devant les Cataractes de Shawinigan. Depuis cette malheureuse expérience, l'équipe-hôtesse mérite, sans restriction, son droit de participation au tournoi qui mène à la conquête de la Coupe Memorial.
Malgré ses déboires, l'organisation des Saguenéens s'en tire bien en dégageant un profit de 18 000$. Et La Ligue canadienne se montre compréhensive en réduisant de moitié le montant des redevances défrayées par quatre hommes d'affaires solidement établis dans le milieu, Normand Pedneault, Ghislain Rhainds, Daniel Bédard et Jean-Marc Couture.
Après cette douloureuse expérience, le maire Blackburn lance un appel à la communauté des affaires. Gaston Vachon, alors directeur général du Progrès du Saguenay, accepte de former un conseil d'administration provisoire. Même si les Saguenéens ne participent pas aux séries éliminatoires la saison suivante, les exploits d'un certain Félix Potvin présagent une odyssée glorieuse durant les années suivantes.
Le sympathique Alain Deschênes n'a surpris personne en avouant que son groupe s'était imposé une mission impossible. Et le maire Jean Tremblay a été bien inspiré en proposant à trois personnages influents et respectés du milieu, Marc Denis, Richard Létourneau et Jean-François Abraham, de prendre la relève jusqu'à la fin de la saison.
Yanick Jean, le bon choix
Avant d'entreprendre une nouvelle étape dans l'épopée du junior majeur chez nous, soyons reconnaissants à Alain Deschênes d'avoir replacé le bateau des Saguenéens agité dangereusement par les remous pécuniaires d'une compétition sportive sans merci en plaçant à la barre, le 30 novembre dernier, Yanick Jean.
Le nouveau directeur général et entraîneur-chef sait que l'objectif ultime est de présenter un spectacle de qualité avec des jeunes dont il faut bien encadrer la formation, car seuls quelques surdoués atteindront la NHL. Les autres méritent la préparation nécessaire à un emploi décent après la vingtaine. Pour parvenir à une stabilité qui préviendra les crises périodiques et même une délocalisation tant redoutée, l'organisation doit surtout réajuster le modèle au cycle du hockey junior comme le font les équipes qu'on retrouve régulièrement dans le peloton de tête, notamment les Cataractes de Shawinigan.
Évitons de brûler des étapes en sacrifiant les précieux choix de repêchage comme on l'a fait pour bâtir une équipe puissante le temps d'une série éliminatoire et de participation à la Coupe Memorial comme ce fut le cas en 2012 et l'an dernier.
Voilà qui explique pourquoi les Saguenéens se maintiennent en cinquième et avant-dernière place dans leur division depuis déjà cinq ans.