Le destin de La Baie

La récente élection est pour moi consommée. Plus que jamais, j'ai cette impression de responsabilité face au collectif que nous sommes. Plus que jamais, je suis conscient que chacun d'entre nous disposons de qualités, de forces, de sensibilité mais aussi parfois de contraintes face à cet avenir qui nous concerne mais qui concerne aussi les générations qui suivront. Très récemment, dans notre collectivité, au coeur d'un virage économique, au centre même d'une réalité de transition, nous devions constater et accepter la fermeture d'un commerce qui aura marqué notre fière mémoire.
Un arrondissement qui se doit aujourd'hui, force est d'admettre, d'envisager la construction d'un avenir à travers une approche de ce qu'on appelle désormais la «grande ville». Je crois aussi que l'avenir ne repose pas essentiellement sur des projets précis mais bien sur une réflexion concertée, ouverte et qui dispose de nos capacités regroupées pour assurer une constante évolution. Ce qui est vital pour notre économie en redéfinition, c'est cette redistribution équitable des richesses globales.
Une entreprise familiale donc qui semblait immortelle? On parle pourtant depuis bien longtemps de ce phénomène d'américanisation, d'habitudes de consommation sinon de surconsommation inspirées par nos voisins des États-Unis. Un peu comme quand nous venons signifier que les décisions d'une multinationale de l'aluminium ont des répercussions immédiates sur la santé de nos commerces en région.
Ces entreprises familiales sont venues au monde chez nous parce qu'il y avait un marché local capable de les supporter sans avoir alors ce réflexe ancré de ce que nous appelons aujourd'hui le magasinage. Ce que nous souhaitons désormais pour bon nombre d'entre nous, c'est d'économiser par le biais des grandes surfaces. Le prix est bas en raison du volume, point. Mais quelles sont les conséquences réelles de cette attitude d'économie ? Notre développement actuel est-il représentatif de nos valeurs profondes, de ce à quoi nous aspirons ?
Je réalise pleinement le potentiel de notre milieu de vie implanté dans les limites d'un espace naturel exceptionnel. Notre défi, et je le crois sincèrement, c'est d'observer, de réfléchir, de faire s'épanouir cette force d'innovation qui nous caractérise. D'identifier ce que nous sommes fondamentalement et de nous outiller avec intelligence pour que se multiplient les entreprises locales qui traversent les tendances parce qu'à l'écoute de cette évolution chez ceux qui ont à coeur un décor inspirant.
L'actuel phénomène auquel nous assistons, c'est à un appel responsable de transition à planifier. Nous devons sortir de la critique facile, du négativisme de surface, nous devons encourager les initiatives, les idées, ceux et celles qui prennent le risque d'être visionnaires. Nous sommes capables de réussites et nous devons maintenant nous propulser dans ce qui doit remplacer cet état de dépendance face aux multinationales, reconnaître cette force mais avec une nouvelle perspective. Nous devons entreprendre cette étape cruciale d'évolution et retrouver cette confiance en nous à réaliser ce que nous souhaitons être ensemble.
J'ai bien l'intention d'assumer mon rôle de catalyseur face à cette volonté de mettre le doigt sur les créneaux qui présenteront avec envergure cet espace international du «fjord habité».
Je nous invite à cet élan de positivisme renouvelé et à cette aventure qui implique chacun d'entre nous sur les bases de leurs compétences respectives pour le mieux-être d'un collectif qui y croit. L'arrondissement de La Baie dans la grande ville et dans le monde prouvera sa capacité à réagir en provoquant un destin qui lui est propre. J'ai la conviction de ne pas être le seul à avoir de telles ambitions...
NDLR : François Tremblay est conseiller municipal et président de l'arrondissement de La Baie