L’autonomie participative? Pourquoi pas!

OPINION / En novembre prochain auront lieu des élections municipales. Ces élections peuvent, si nous le voulons, être un tremplin pour donner un second souffle au développement local et régional.

Un peu partout dans le monde, on assiste à une revendication visant une plus grande autonomie locale et régionale. Cette revendication provient notamment du fait que les grands gouvernements centralisés ont de plus en plus de difficultés à répondre aux besoins et aux priorités des populations habitant des territoires possédant des réalités très différentes. Alors que les municipalités sont le gouvernement le plus près des populations, et donc les plus en mesure de répondre adéquatement aux réalités les concernant, elles sont maintenues dans un état de dépendance face à Québec et à Ottawa. 

Ce n’est pourtant pas la dépendance qui permet de se développer, mais bien l’autonomie. À l’UNESCO, on dit que « le développement est un processus qui vise à rendre les individus et les collectivités plus autonomes et mieux en mesure de maîtriser leur destinée ».

René Lévesque affirmait que « la décentralisation est un acte de confiance envers les régionaux dans leur capacité à trouver des solutions adaptées à leur réalité ». On est bien loin de cela actuellement. C’est pour cette raison que nous croyons que les candidats et candidates aux élections municipales doivent saisir l’occasion de réclamer davantage d’autonomie, en disant à leur population : « Si je suis élu, non seulement je vais m’occuper des égouts, des trottoirs et des parcs, mais je revendiquerai également plus d’autonomie financière et politique pour la municipalité et la région ». 

Par ailleurs, nous croyons que si nous voulons bien réussir la décentralisation, il faut que les citoyennes et citoyens y soient associés de près. On ne peut concevoir de décentralisation sans participation citoyenne. On ne peut laisser les décisions qui nous concernent dans les seules mains de nos élus, quand bien même ils seraient les meilleurs. 

Pour ce faire, entre autres moyens, il existe actuellement sur le marché tout une panoplie de logiciels de sondages et de démocratisation des décisions, qui sont de moins en coûteux et de plus en plus facile d’utilisation. Il est aujourd’hui facile et peu onéreux pour les élus de faire participer leurs concitoyennes et concitoyens aux décisions et orientations de leur municipalité. D’autres municipalités optent pour un budget participatif qui confie l’attribution d’un montant du budget de la municipalité aux projets soumis pas les citoyennes et les citoyens. Une telle politique de participation citoyenne garantira qu’ils veulent tous travailler non seulement pour la population, mais également avec elle.

Denis Trottier, Édith Cottenoir, Éric Dubois, Philippe Dumont, Delphine Malempré, Simon-Olivier Côté, Pierre Dostie, Charles Bois, Engelbert Cottenoir

Les élections de la défusion

Le Quotidien publiait récemment un sondage qui nous confirme que la fusion proclamée dans les faits le 18 février 2002 est loin d’être réalisée dans les cœurs. On peut constater à travers les résultats de ce sondage Segma un clivage des votes pour des candidats de chacun des arrondissements. 

Jean-Pierre Blackburn, ex-député de Jonquière aux Communes, mène largement à Jonquière, Josée Néron, une Chicoutimienne pure laine, acquiert une large majorité à Chicoutimi tandis qu’Arthur Gobeil, citoyen de La Baie, fait le plein de ses 15 % dans l’arrondissement baieriverain.

Si ces résultats font ressortir le chauvinisme qui a caractérisé notre région depuis des lustres, il démontre aussi que la ville a besoin d’un rassembleur pour recréer l’unité indispensable à son développement. Le seul qui ne soit pas identifié à aucun des secteurs en particulier serait sans doute le plus apte à jouer ce rôle d’unificateur.

Si ce sondage révèle de façon si évidente ces disparités locales, il laisse dans l’ombre une évidence éclatante. Dominic Gagnon, natif de Jonquière, exerçant à La Baie dont la famille vit à Shipshaw est le candidat démontrant des dispositions les mieux adaptées pour exercer une gestion plus objective de la grande ville de Saguenay.

Sinon, les quatre prochaines années pourraient nous ramener aux improductives luttes fratricides, celles de la plus petite autoroute du monde, celles des compétitions pour remplir les parcs industriels et celles des activités culturelles concurrentielles. Le prochain rendez-vous électoral ne doit pas être l’élection de la défusion ; souhaitons que le prochain sondage illustre un virage dans ce sens.

Richard Banford

Consultant en communication

Bégin