L’auto-immobile nous coûte cher

Selon certaines données, posséder une automobile coûte, en moyenne, 10 000 $ par année. C’est le deuxième poste budgétaire d’une famille, après le loyer et avant la nourriture. Plusieurs études, dont celle de Trajectoire et la Fondation David Suzuki (Évolution des coûts de transport par automobile au Québec) montrent qu’une auto est «mobile» en moyenne une heure par jour. Le reste du temps, elle est «immobile» car stationnée 23 heures sur 24. On pourrait donc dire que cette heure d’utilisation coûte 27,40 $. Ça représente huit billets d’autobus à Québec.

Aussi, selon l’étude citée plus haut, «le transport automobile et les routes [excluant le transport collectif, le transport de marchandises et les coûts de stationnement] coûtent de 43 à 51 milliards $ par année». L’essentiel est assumé par les propriétaires de véhicules. Cependant il reste un montant annuel de 6 à 7 milliards $ payé par tous les Québécois, même ceux qui n’ont pas d’automobile par acquit de conscience. À toutes ces sommes se greffent 7,6 milliards $ supplémentaires dus aux externalités négatives (congestion, pollution, accidents).

De plus, selon des données compilées par M. Georges Poulos, dans la région métropolitaine de Vancouver, il apparaît que pour chaque dollar déboursé personnellement, pour se déplacer, la société paie en contrepartie 9,20 $ pour l’auto, 1,50 $ pour l’autobus, 0,08 $ pour le vélo et 0,01 $ pour la marche.

On sait que le transport motorisé représente 40 % des émissions de GES au Québec et que le nombre de véhicules sur les routes ne cesse d’augmenter (il augmente plus rapidement que la population).

À lire les chiffres énoncés plus haut on a l’impression que nos politiques publiques récompensent ceux qui contribuent à l’augmentation des GES et se rient de ceux qui font des efforts individuels pour ralentir cette croissance. Ceci est renforcé par le peu d’intérêt qu’on perçoit chez nos politiciens pour le principe du bonus-malus. Mais brader l’avenir de la planète pour aller chercher des votes ce n’est pas nouveau!

Dans la préface du document de Trajectoire et de la Fondation David Suzuki, M. Pierre-Olivier Pineau, Titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie, à HEC Montréal, dit ceci : «il va s’en dire que le principe de pollueur-payeur, en transport routier, est largement bafoué à chaque fois qu’un utilisateur prend la route.» Il compare le financement du réseau routier québécois à une approche «quasi communiste». Intéressant dans un système néolibéral!

Lucie Bergeron, lauréate du concours Guy-Chartrand 2017, de Trajectoire, dans la catégorie Citoyen mobile de l’année
Québec