Quelques dizaines de personnes ont assisté à la table ronde intitulée «Derrière le rideau des jeux vidéo» qui s’est déroulée dimanche après-midi, à la Place du citoyen, à Chicoutimi. Cet événement fait partie de la programmation grand public et des communications libres gratuites proposées dans le cadre du congrès de l’ACFAS qui se déroule de lundi à vendredi à l’UQAC.

La science pour tous

CHRONIQUE / Le congrès de l’ACFAS (Association francophone pour le savoir) bat son plein. Et, contrairement aux apparences, il est accessible à tous. En effet, parallèlement aux activités scientifiques, on a concocté un programme d’activités gratuites, conçues pour toute personne curieuse. Il y en a pour tous les goûts.

On vous fait voir les berges de la baie des Ha ! Ha ! comme vous ne les avez jamais vues. On vous amène dans les coulisses de la création des jeux vidéo. On débat de représentation de la sexualité des femmes à l’écran. On vous fait visiter un laboratoire d’analyse de cannabis médical. On continue à parler de cannabis, mais récréatif. On oblige de jeunes scientifiques à vous résumer leur thèse en trois minutes. On vous montre la science en images et en beauté. On vous invite à assister à l’enregistrement d’émissions de radio. Et on se rend même jusqu’à Sept-Îles pour vous faire découvrir la science nordique !

Et ce n’est pas tout. Le congrès de l’ACFAS permet à tout le monde d’accéder gratuitement à une partie des activités scientifiques, qu’on appelle les communications libres. Il y en a plus de 600, dans tous les domaines de la connaissance. Vous n’avez qu’à vous rendre sur le site internet de l’ACFAS, vous laisser un peu étourdir par le vaste choix de sujets, et finalement vous rendre à la session de communications qui vous intéresse le plus.

Il n’y aura même pas à pousser la porte, elle sera ouverte. Et vous pourrez constater que les discussions entre scientifiques, c’est loin d’être toujours incompréhensible. Osez même une question, la science a besoin de vous. Elle avance mieux lorsqu’elle dialogue avec le public.

Et, en plus, on vous offrira le café.

Cependant, on peut se demander pourquoi un congrès scientifique se rend-il si accessible au grand public. La réponse est simple : la connaissance doit appartenir à tout le monde, et tout le monde doit pouvoir en bénéficier. Surtout celle produite par les fonds publics.

Cette invitation de la part de la communauté des chercheurs est aussi un peu égoïste, avouons-le. En fait, vous nous rendez service lorsque vous participez à nos activités scientifiques. Vous nous aidez à rendre nos recherches plus pertinentes, par votre simple présence et vos questions. Mais surtout, vous donnez un sens à notre travail quotidien.

Venez célébrer la connaissance avec nous, dans le cadre de ce congrès de l’ACFAS 2018. Elle le mérite, puisqu’elle constitue un bien commun utile à tout le monde, même à ceux qui ne la possèdent pas. En effet, notre vie est améliorée par un téléphone intelligent ou un nouveau médicament, sans avoir besoin de connaissances en informatique ou en médecine.

Ainsi, le lieu par excellence de production des connaissances, l’université, est utile à tous, y compris à ceux qui n’y suivent pas de formation. Et même pour ceux qui y étudient, leur vie quotidienne est peut-être davantage façonnée par la recherche qui s’y fait que par l’enseignent qu’ils y reçoivent.

En plus, s’approcher de la connaissance produite par l’université, c’est réaliser qu’elle change la vie, et pas seulement par la technologie ou la santé. Il y a, par exemple, la recherche en éducation, mais aussi celle en travail social, sociologie, psychologie ou criminologie qui permettent d’améliorer le bien-être des gens, d’élaborer des programmes sociaux, et de garder sous contrôle les individus problématiques pour la collectivité. Ainsi, c’est en partie grâce à la recherche en sciences humaines et sociales que nous jouissions, jour après jour, d’une paix sociale que nous tenons pour acquise.

La science s’offre à vous pendant cinq jours sur le campus de l’Université du Québec à Chicoutimi. Si vous le pouvez, passez faire un tour et laissez-vous séduire. Profitez-en maintenant, le congrès de l’ACFAS au Saguenay, c’est comme une comète, c’est rare et ça passe vite.

L'auteur de cette chronique, Damien Hallegatte, est un professeur de marketing à l'Université du Québec à Chicoutimi