La peur, signal d’alarme que l’on doit écouter

Lundi matin, Nathalie Blais, mère de quatre enfants, a été tuée par son ex-conjoint alors qu’elle venait récupérer son ordinateur portable chez lui, à Drummondville.

Après six mois de relation, Nathalie Blais avait décidé de mettre fin à leur histoire. Craignant les réactions de son ex-conjoint, elle avait exprimé ses peurs à ses proches et avait demandé à une amie de l’accompagner récupérer ses affaires. Malheureusement cette précaution n’a pas été suffisante.

Si les femmes craignent leur conjoint ou leur ex-conjoint, c’est un signal d’alarme puissant et majeur qui n’est pas à sous-estimer. Le moment de la rupture est une période où s’intensifient souvent la violence et les menaces. Si la peur se fait ressentir c’est qu’il y a eu des signes précurseurs qui ne doivent pas être négligés. En 2015, plus du sixième (16,9 %) des tentatives de meurtre commis dans l’ensemble du Québec est survenu dans un contexte conjugal. Les femmes constituaient la principale cible des tentatives de meurtre dans un contexte conjugal (80,6 %). Pour éviter que l’irréparable ne se produise, comme dans le cas de Nathalie Blais et de bien d’autres femmes, il est primordial d’écouter et de prendre au sérieux ces signaux.

Que peuvent alors faire les femmes et leurs proches dans ce genre de situation? Vers qui peuvent-ils se tourner?

De nombreux organismes existent et peuvent leur offrir davantage de protection. Même en cas d’infime inquiétude, les femmes ne doivent pas hésiter à contacter la police ou à aller chercher du soutien auprès de ressources spécialisées. Elles et leurs proches peuvent appeler directement les maisons d’aide et d’hébergement de leur région. Les intervenantes vont les écouter, poser les bonnes questions, évaluer la situation et leur proposer des solutions et des services adaptés à leur situation, sans jamais rien imposer. En cas de risque, les intervenantes ou les femmes elles-mêmes peuvent solliciter l’aide de la police qui pourra les accompagner pour récupérer leurs effets personnels chez leur conjoint ou leur ex-conjoint.

Ce nouveau drame montre l’importance de faire davantage connaître l’ensemble des organismes et des services qui aident les femmes victimes de violence conjugale ou qui craignent pour leur sécurité. En étant tous et toutes mieux informés et outillés, nous pourrons mieux réagir et mieux intervenir pour éviter des homicides conjugaux.

Chantal Arseneault
Présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale