Lecture et écriture, la meilleure des médecines douces

Yolande Boisvert
Yolande Boisvert
Trois-Rivières
En cette période de confinement, j’ai souvent mes heures de déprime. Mes enfants, petits-enfants, mes soeurs et mes amies me manquent terriblement.

Mais le plus difficile pour moi est d’accepter l’aide d’autrui .

Ne pouvant faire mes courses obligatoires: banque, épicerie et autres , je dois demander à ma nièce de me venir en aide.

Très indépendante de nature,  j’ai toujours tout fait moi- même fin seule, malgré mes 87 ans révolus. Mon autonomie en souffre ; j’ai même l’impression d’avoir vieilli de 10 ans, depuis que cette pandémie s’est infiltrée au Québec. Pour contrer ces heures sombres, lecture et écriture sont depuis toujours la médecine douce que je préconise .

Début mars , j’ai donc commencé la biographie de mon frère aîné , âgé de 90 ans , que je n’ai pas vu depuis plus de 25 ans.
Arrivé au Japon en 1952, comme enseignant , puis directeur d’une école internationale à Tokyo, mon frère a eu une vie riche d’expériences de tout genre. Il rêve de revenir au Québec , y vivre ses derniers jours. Mais sa femme de nationalité japonaise , souffrant d’Alzheimer , est placée dans une résidence adaptée. «Là où est mon cœur, là est ma maison», dit- il .

Il finira donc sa vie au pays du Soleil levant, malgré le désir ardent de revoir sa ville natale .
De relire toutes ses lettres, cartes postales, courriels et autres , reçus ces 60 dernières années, m’a fait découvrir un frère que je ne connaissais pas.

Écrire ainsi sur lui comble quelque peu son absence et m’apporte une certaine consolation. Accomplir ce travail de bénédictin éloigne de moi l’ennui des heures creuses. 

Hélas! Le confinement des âgés semble vouloir s’éterniser, je me permets donc de consulter Facebook plus souvent. J’accumule tous les articles pertinents et surtout les photos ou caricatures se rapportant à COVID-19. L’an prochain , en espérant un après-COVID, j’en ferai un recueil intéressant pouvant servir de recherches ou du moins de références que je laisserai à mes arrière- petits- enfants qui apprendront ainsi les mois difficiles que la planète tout entière a vécu en 2020.

M’amuser ainsi à lire et à écrire m’aide à oublier cette COVID-19 et ses grandes misères, les milliers de morts qui hantent ma quiétude et surtout me permet de survivre.