La ministre LeBel et sa prière du cowboy

OPINIONS / En réaction à la lettre de Daniel Baril, vice-président du Mouvement laïque québécois, intitulée «Malgré la loi sur la laïcité, Sonia LeBel récite des prières», publiée dans notre édition du 28 septembre dernier.

J’ai lu avec étonnement la lettre d’opinion de Daniel Baril publiée ostensiblement dans Le Nouvelliste du 28 septembre. Je suis en faveur de la laïcité, ce qui n’est pas incompatible avec l’idée de souplesse et de discernement. La ministre de la Justice Sonia LeBel avait parfaitement le droit de réciter la «prière du cowboy» au Festival western de Saint-Tite. C’eut été différent si elle l’avait fait à l’Assemblée nationale… Depuis quand est-il interdit à une ministre de réciter une prière à l’extérieur du Parlement?

Je trouve, monsieur, que vous vous agitez pour pas grand-chose. Vous avez fait un vrai «show de boucane». De plus, vous vous permettez de tripoter sans vergogne et sans nuance un jugement de la Cour suprême dans l’affaire de la Ville de Saguenay. Nous sommes au Festival western et non au conseil municipal. Au surplus, vous conférez une valeur pseudo-juridique à vos déductions hasardeuses. Le bon sens et le discernement ne sont pas interdits par la loi ni par la Cour suprême.

Vous êtes contre la prière? Soit. Mais par quoi la remplacez-vous? Vous êtes contre toutes les religions? Soit. Mais vous les remplacez par quel rituel? Est-ce que vous et votre groupe seriez les nouveaux curés? Si vous êtes athée ou agnostique, je vous respecte et vous accepte. En revanche, laissez dont tranquilles ceux qui veulent prier en respectant la loi sur la laïcité, comme c’était le cas pour Julie Boulet l’an dernier et pour Sonia LeBel cette année.

La nature humaine étant ce qu’elle est, l’intolérance nous rend souvent bornés et un peu prétentieux. C’est une vérité universelle à laquelle personne n’échappe, sauf Donald Trump. Je n’affirme pas que M. Baril est un individu borné mais il lui appartient de mesurer son degré de tolérance ou d’intolérance s’il y a lieu. Ce n’est pas ma responsabilité.

Serge Gagnon

Louiseville