La COVID-19, une leçon pour l’avenir planétaire

OPINION / Et si, comme le dit l’adage « à quelque chose malheur est bon », le coronavirus nous donnait l’occasion de réfléchir à notre interdépendance mondiale étroite et à notre grande vulnérabilité, au moment où tous nos systèmes de fonctionnement se trouvent bouleversés.

Avec nos modes de vie effrénés, embourbés souvent dans le trafic, poussés à produire et à consommer de façon excessive, nous profitons rarement de moments calmes pour prendre du recul et discerner ce qui importe vraiment. Soulignons heureusement qu’en cette période de crise, de nombreux concitoyens deviennent plus résilients, créatifs, solidaires, portés au partage et à l’entraide.

En Chine, des scientifiques ont observé que les émissions de GES et de polluants ont décru de 25 à 30 %, durant l’arrêt temporaire des activités industrielles. L’atmosphère s’est libérée des polluants dus aux combustibles fossiles brûlés pour le chauffage, la climatisation, les transports et la production industrielle. Un même constat pourrait être noté partout dans le monde. Cette nouvelle positive risque toutefois d’être occultée par les sommes énormes qui sont consenties pour contrer la pandémie et atténuer ses impacts. Dans ce contexte, restera-t-il des fonds pour l’environnement ?

Loin de nous la pensée que la pandémie soit bénéfique ou anodine et qu’elle se réglera aisément en quelques semaines. Au contraire, le problème est sans précédent au niveau sanitaire et socio-économique et saluons nos gouvernements qui imposent des mesures drastiques de prévention pour éviter le pire. Il est tragique de constater que des milliers de personnes contaminées périssent alors qu’aucun vaccin n’est encore disponible. En outre, il est affligeant de voir que les populations mondiales les plus affectées sont encore une fois les plus démunies et les plus âgées, avec de nombreux travailleurs qui sont privés de revenus et de moyens de subsistance.

Agir d’urgence pour la survie de l’humanité

Malgré toutes les appréhensions d’impacts négatifs sur nos collectivités et entreprises, voici peut-être l’occasion – vu les strictes consignes et les précautions à prendre – de mettre sur « pause » nos vies trépidantes et de réfléchir à notre condition d’humains partageant les ressources limitées et vulnérables d’une si précieuse planète.

N’est-ce pas le temps de dresser un constat lucide de la manière dont nous traitons cette planète nourricière ? Peut-on persister à compromettre la viabilité des écosystèmes et à fermer les yeux sur cet avenir funeste proposé par des mégaentreprises imbues de mondialisation ? Persister à maintenir un tel cap d’une croissance économique illimitée serait une démonstration d’incohérence et d’irresponsabilité.

Pourquoi tant insister ici sur la question écologique à l’heure même où l’humanité vit une angoisse collective très déroutante ? Outre le fait que ce coronavirus provient d’une trop grande promiscuité entre les humains et les animaux, on peut voir dans cette épreuve un exercice réel de notre capacité collective d’affronter des défis d’échelle mondiale.

En ce sens, on observe déjà la perte énorme de la biodiversité, tant en milieux terrestres que marins, les sécheresses majeures forçant des millions d’occupants à émigrer, ainsi que d’interminables feux de forêt dévastateurs, polluant et détruisant les écosystèmes de plusieurs régions du globe. Une telle situation ne peut que favoriser des crises économiques, des récessions, des conflits armés et des famines, provoquant autant de migrations de masse. Au cœur de tous ces dérèglements, tout en les amplifiant, la problématique du réchauffement climatique représente la plus imminente menace à la vie sur terre.

Dans la foulée de l’actuelle pandémie, de profondes prises de conscience individuelle, collective et politique émergent de partout. Des groupes réfléchissent déjà sur le type de développement à préconiser et les actions à poser pour s’engager dans une décroissance planifiée, afin de préserver la vie de façon plus équitable. Des voix s’élèvent et clament l’urgence de modifier nos modes de vie privilégiés, de sacrifier quelque peu notre bien-être et de vivre davantage en autarcie.

Au Québec, la leçon actuelle à tirer de la pandémie de COVID-19 est d’autant plus sérieuse que les humains ne peuvent désormais se prétendre à l’abri de nouvelles crises planétaires. On observe ici l’émergence d’une remarquable solidarité autour d’une cause qui fait l’unanimité et qui démontre avec éloquence que tout est possible lorsqu’une collectivité se serre les coudes. Alors, pourquoi ne pas s’attaquer dès maintenant au défi urgent du réchauffement climatique ?

Richard Legault et Michel Barry

Québec

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JOURNÉE DES LOCATAIRES

Mme Andrée Laforest, députée de Chicoutimi et ministre de l’Habitation du Québec

Ce 24 avril 2020, c’est la Journée des locataires. Tous ne sont pas égaux face aux conséquences financières et humaines liées à la pandémie dans laquelle le Québec est plongé. Plusieurs locataires à faible et modeste revenus y sont durement affectés. Pertes d’emplois, dépenses imprévues liées au confinement, pression des propriétaires pour payer le loyer, angoisse d’être à la rue le 1er juillet; bref, les exemples pullulent au Saguenay et au Québec.

Voici une des facettes pour exprimer cette dure réalité. À Saguenay, avant la pandémie, 2905 ménages locataires consacraient déjà 50 % et plus de leur revenu pour se loger. En perdant son emploi, le chômage offre 50 % du salaire. Combien reste-t-il d’argent après avoir payé le loyer le premier du mois ? ZÉRO.

Bien des locataires sont exposés à un surendettement rapide et une expulsion dès que la Régie du logement se remettra au travail. Pour empêcher un tel scénario post-pandémie, nous vous demandons des mesures urgentes : interdiction des évictions liées au non-paiement du loyer d’avril et de mai, suspension des audiences à la Régie du logement menant à l’éviction de locataires jusqu’à ce qu’ils aient rétabli leur capacité de payer, aide financière d’urgence pour ceux qui n’ont pas accès au Programme d’aide temporaire aux travailleurs, ni à la Prestation canadienne d’urgence, ni à l’assurance-emploi, ni à aucun gain de travail, et report du 1er juillet. Enfin, dans une vision d’un plan de relance économique à moyen et long terme, la création de 50 000 logements sociaux en cinq ans au Québec, dont 800 à Saguenay.

Mme la ministre Laforest, vous avez annoncé le 17 avril 2020 des mesures pour protéger les locataires de HLM en renouvelant automatique leurs baux sans indexation, en plaçant des produits sanitaires aux rez-de-chaussée des immeubles et en offrant la gratuité de leur service de buanderie. Cela est tout à votre honneur d’avoir agi pour ces locataires vulnérables. Maintenant, si vous ne faites rien pour l’autre portion de locataires ci-haut mentionnés, il ne faut pas être devins pour savoir que nous nous dirigeons tout droit, dans les prochains mois, vers la pire crise du logement que le Québec n’ait jamais connu…

Sonia Côté

Coordonnatrice de Loge m’entraide