La COVID 19 et les personnes âgées de la région

Les maisons de personnes âgées publiques et privées de la région sont-elles bien préparées pour faire face à la crise de la COVID-19? La question s’impose, considérant les informations en provenance de régions plus affectées par la pandémie.

La COVID-19 s’est exprimée avec plus de violence dans les régions fortement urbanisées et la proximité urbaine semble un accélérant redoutable à sa propagation. C’est aussi le cas dans notre région entre le Saguenay et le Lac-Saint-Jean, mais globalement, il semble y avoir un délai entre ce qui se passe dans notre région et ce qui se passe à Montréal et ses environs. On pourrait estimer ce délai à une dizaine de jours, mais la crise nous rattrapera.

Nos personnes âgées et leurs familles sont inquiètes, mais elles profitent encore d’un contexte plus favorable. Aurons-nous la sagesse d’utiliser cette période d’accalmie pour mettre en place toutes les mesures requises pour prévenir ce que vivent d’autres citoyens âgés du Québec? Les directives sont données à cet égard au niveau national, mais saurons-nous comment évolue la situation régionale?

Quelle est la situation dans les maisons de personnes âgées privées et publiques de la région?

Les meilleures pratiques sont-elles en place pour mettre des barrières à la pénétration de la COVID-19 dans les maisons pour personnes âgées?

Le personnel dans toutes les maisons publiques et privées de personnes âgées dispose-t-il des équipements de protection appropriés?

Les directives du ministère sont-elles appliquées, notamment l’information aux familles, les transferts des ressources humaines du réseau hospitalier vers les maisons de personnes âgées, la fin de la pratique du travail dans plusieurs établissements?

Au-delà du directeur régional de la santé publique qui s’efforce de rendre compte de l’évolution de la pandémie, on dispose de bien peu de moyens pour connaître l’adéquation du réseau face à la crise.

Bien sûr, en période de crise, il faut tous travailler à l’unisson sous la direction de leaders éclairés, mais il n’en découle pas pour autant que les spécificités sanitaires régionales doivent être ignorées et que l’on doive se confiner dans l’ignorance de ce qu’il advient dans notre environnement immédiat.

Une meilleure information sur l’adaptation du réseau régional est essentielle pour mettre en confiance les citoyens qui font de grands sacrifices pour protéger les plus vulnérables d’entre eux. Il appartient aux autorités sanitaires régionales de prendre les moyens de rendre accessible l’information à cet égard et à la ministre responsable de la région de l’encourager.

Gilles Bergeron

Économiste et ex-membre de conseil d’administration dans le secteur de la santé

Jean-Claude Otis

Économiste et administrateur public à la retraite dans le secteur de la santé

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CHSLD : MILIEU DE VIE OU MILIEU POUR TERMINER SA VIE

Depuis quelques semaines, notre premier ministre nous répète que nous sommes en guerre. Ce n’est pas par hasard qu’il a choisi le mot guerre. Comme la majorité des Québécois, je n’ai pas connu les affres d’une guerre; les militaires qui ont été déployés en Afghanistan, au Kosovo ou en Iraq peuvent témoigner des conséquences de ces conflits. Heureusement, nous n’en sommes pas là. Par contre, qui dit guerre dit victimes. En temps de crise, les politiciens sont en gestion de risque et dans ce cas, tu dois établir des priorités.

Depuis un mois, M. Legault a été confronté à des prises de décisions que peu de politiciens auront à prendre dans leur mandat. La question à se poser: cela bénéficie à qui au détriment de qui? Force est d’admettre que les CHSLD, malgré tout le dévouement de ses soldats (anges gardiens), en seront les victimes. Dans sa préparation d’après-crise, M. Legault et son équipe doivent prioriser les acteurs qui favoriseront une reprise progressive de l’économie. Qu’est-ce qui représente un investissement et qu’est-ce qui représente une dépense? Poser la question, c’est y répondre.

À mon avis, un CHSLD est un milieu pour faciliter une fin de vie. Travailler dans un CHSLD, ce n’est pas une profession, c’est une vocation. Malheureusement, une admission dans un CHSLD, c’est obtenir un passeport pour ton dernier voyage.

Diriger, c’est décider avec tout ce que cela comporte comme conséquences. Dans quatre ans, les Québécois auront l’occasion de rendre un verdict sans appel sur les agissements de l’équipe Legault, ce qui n’est pas le cas dans tous les pays. Pour l’instant, ramons tous dans la même direction en imaginant Guy Nantel assis entre le docteur Arruda et la ministre McCann. Ouf!

Gérald Girard

Jonquière