En adoptant cette façon de faire, Marc Asselin et ses acolytes ont fait une rupture avec le passé. Alma a maintes fois été citée en exemple pour sa transparence, à une époque où les demandes d'accès à l'information s'accumulent à Saguenay.

Inhabituel !

En dix ans de couverture médiatique au Lac-Saint-Jean, jamais je n'ai vu le conseil d'Alma agir ainsi.
Il était 8 h 36, mercredi matin, lorsque l'administration municipale a annoncé la tenue d'une assemblée publique extraordinaire. La rencontre était prévue moins d'une demi-heure plus tard. On aurait pu croire à un oubli, sauf que dans ce cas précis, l'importance des points à l'ordre du jour ne laisse place à aucune interprétation : la présence des médias ou du public n'était pas souhaitée à l'hôtel de ville.
À la va-vite, les élus ont en effet confirmé l'embauche d'un nouveau directeur général de la ville, d'un nouveau directeur au Centre d'excellence des drones et d'un nouveau directeur au développement économique de la municipalité. Trois nominations hautement stratégiques qui auraient dû être soumises à la curiosité du citoyen et des médias.
En adoptant cette façon de faire, Marc Asselin et ses acolytes ont fait une rupture avec le passé. Alma a maintes fois été citée en exemple pour sa transparence, à une époque où les demandes d'accès à l'information s'accumulent à Saguenay.
Contrôler le message et choisir ses émissaires - car on m'apprend que certains journalistes ont été invités par texto - n'ont jamais été des pratiques privilégiées par les élus almatois. Les maires Nicol Tremblay, Jean-Maurice Harvey et Gérald Scullion avaient leurs qualités et leurs défauts, mais tous évitaient jalousement les traitements de faveur médiatiques. Marc Asselin s'inscrivait jusqu'ici dans cette lignée.
Il reste à espérer que ce précédent ne soit qu'un accident de parcours et que le conseil d'Alma recommence à prêcher la saine démocratie par l'exemple.
Continuité
En donnant les clés de la ville à Sylvain Duchesne, le conseil a visiblement opté pour la continuité.
Titulaire d'un baccalauréat en mathématiques actuarielles de l'Université de Montréal, le nouveau directeur général d'Alma était, depuis 8 ans, responsable à la Banque Nationale pour les territoires du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord.
Il succède à Guy Simard.
Bref, on remplace un comptable par un comptable.
Si le passé est garant de l'avenir, ce n'est pas une mauvaise chose.
Au terme d'un séjour de 35 ans à l'hôtel de Ville, Guy Simard lègue en effet une institution en excellente santé financière. Il est l'un des principaux artisans de la politique d'emprunt zéro, laquelle a fait passer la dette d'Alma de 46 à 20 millions de dollars, entre 1999 et aujourd'hui. Il ne fait aucun doute que le nouveau directeur saura gérer efficacement les coffres de la ville.
Toutefois, la question qui se pose est celle-ci : comment Sylvain Duchesne entend-il profiter de la marge de manoeuvre dont il a hérité?
Alma a les moyens de ses ambitions et mérite un architecte de grands projets. Plusieurs espèrent, aujourd'hui, que l'homme de Marc Asselin saura se coiffer de ce chapeau.
La deuxième nomination est celle de Marc-André Doyon, jusqu'ici directeur général du Centre d'innovation sur la nutrition et les aliments du Québec. C'est à ce dernier qu'on a confié le développement économique de la capitale jeannoise, une tâche qu'assumait David Dufour avant de quitter pour le cabinet du premier ministre Philippe Couillard.
Peu de gens le savent, mais c'est sur les épaules de M. Doyon que repose l'avenir de la ville. Bien au-delà des drones et autres parcs industriels, son plus important mandat sera de convaincre Rio Tinto Alcan de réaliser la seconde phase de l'usine Alma. La multinationale acquitte près d'un tiers des taxes perçues par la ville. Une dépréciation de l'aluminerie aurait des conséquences majeures sur la santé financière de la municipalité et, nécessairement, sur le compte de taxes des contribuables.
Enfin, Marc Moffat a été confirmé comme directeur du Centre d'excellence des drones (CED). Sa carrière au sein de la Défense nationale a fait de lui une référence dans le domaine de l'aéronautique.
Son expertise ne fait aucun doute et c'est pourquoi il a été embauché par le CED, en 2012, comme responsable à la recherche et au développement.
Je me questionne cependant sur la pertinence de cette nomination, alors que le CED n'est encore qu'à l'étape embryonnaire. N'aurait-il pas été préférable de renouveler le mandat de consultant de M. Moffat plutôt que de le recruter au sein de l'équipe de hauts fonctionnaires de la ville?