Stéphanie Fortin est directrice principale des affaires publiques et des relations avec les communautés chez GNL Québec.
Stéphanie Fortin est directrice principale des affaires publiques et des relations avec les communautés chez GNL Québec.

GNL Québec: sortir des idées préconçues

Ce texte d'opinion a été écrit par Stéphanie Fortin, directrice principale des affaires publiques et des relations avec les communautés chez GNL Québec.

OPINION / Pour comprendre le projet Énergie Saguenay, il faut sortir des idées préconçues et du confort énergétique que nous, « Hydro-Québécois », sommes choyés de posséder. Il faut élever les perspectives à l’échelle mondiale. Le défi de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en effet, dépasse largement les seules frontières du Québec. C’est dans cette perspective, celle de faire de la région et du Québec des leviers dans la lutte contre les changements climatiques, que le projet s’inscrit.

Réglons d’abord la question de la place du gaz naturel dans la transition énergétique. À cet égard, les experts mondiaux, l’Agence internationale de l’énergie en tête, sont clairs : le gaz naturel sera de plus en plus employé au cours des prochaines années.

Pourquoi ? Parce que cette énergie moins émissive de GES est la meilleure pour accompagner le nécessaire développement des énergies renouvelables, comme le solaire et l’éolien. Elle n’émet pas de particules polluantes, elle est fiable, sécuritaire et abordable. De plus, cette énergie est la meilleure pour combler l’intermittence des énergies renouvelables et pour satisfaire des besoins industriels pour lesquels une flamme est nécessaire, comme en métallurgie et dans le traitement des minerais. Eh oui ! Pour construire des éoliennes ou des panneaux solaires, il faut une énergie comme le charbon, des produits pétroliers ou, meilleur choix, du gaz naturel.

Croire que la transition énergétique mondiale passe uniquement et immédiatement par l’utilisation des énergies renouvelables, c’est malheureusement un vœu pieux. C’est se condamner à l’inaction. C’est occulter le fait qu’il y a une corrélation directe entre l’augmentation de la population mondiale, qui devrait passer de plus de 7 milliards à plus de 11 milliards d’habitants d’ici à 2100, et les besoins croissants en énergie.

C’est dans ce contexte que la demande en gaz naturel sera en forte croissance au cours des prochaines décennies, principalement dans des pays où l’énergie est actuellement très polluante. C’est notamment le cas en Asie. Ces pays auront de plus en plus besoin d’une source d’énergie fiable pour combler leurs besoins de base. Parce que l’énergie, on ne peut pas s’en passer. Et, à l’heure actuelle, c’est le charbon, la pire énergie qui soit pour le climat, qui représente, dans ces marchés en expansion, la source d’énergie de base. Une énergie responsable de 40 % des GES à l’échelle mondiale. Imaginez : simplement transformer les centrales électriques actuelles au charbon pour les mettre au gaz naturel permettrait une réduction de l’ordre de 1,3 gigatonne de GES par année ! Demain, l’énergie de choix de ces pays devra provenir du gaz naturel et des énergies renouvelables.

La question n’est donc pas de déterminer si du gaz naturel – et donc du GNL – sera consommé, mais plutôt par qui il sera produit, et selon quelles normes et quels standards. À cet égard, notre projet, avec son alimentation en hydroélectricité et grâce à notre climat froid, deux facteurs qui permettent de réduire de 84 % les émissions de GES de l’usine par rapport à ses concurrents, en vertu des normes canadiennes et québécoises très élevées, notamment en matière d’émissions fugitives et grâce à notre engagement à la carboneutralité, représente un nouveau standard au sein de l’industrie.

N’ayons pas peur de le dire : le projet Énergie Saguenay représente le meilleur projet de GNL au monde. Et ça, c’est ici, dans notre région. Au Québec. Et cela rejoint totalement les nombreuses analyses récentes de l’Agence internationale de l’énergie, qui affirme que tous les projets de gaz naturel ne sont pas égaux et que dans le cadre des processus de transition énergétique actuels, il faut donner la priorité aux meilleurs projets.

Des transitions énergétiques

Nous parlons bien ici de transitions énergétiques au pluriel, car il n’existe pas de modèle unique de transition. C’est malheureusement un piège dans lequel beaucoup tombent lorsqu’ils commentent notre projet : croire que la réalité énergétique du Québec, forte de son hydroélectricité propre et inépuisable, est celle du monde entier. Que notre modèle de transition à nous est applicable à toute la planète.

Quoique certains se plaisent à l’affirmer, le projet Énergie Saguenay répond de manière intelligente et novatrice au défi mondial de lutte contre les changements climatiques, tout en appuyant l’économie de notre région et du Québec. Et, bien loin de constituer une menace pour le nécessaire essor des énergies renouvelables, il en est un allié de choix.

Certes, ces enjeux sont complexes. Et cruciaux pour l’avenir. Nous comprenons et partageons l’émotivité qui entoure les débats, non seulement à l’égard du projet lui-même, mais aussi de tout ce qui concerne la lutte aux changements climatiques. C’est dans cette optique que nous nous préparons en prévision des prochaines audiences du BAPE, qui nous permettront d’apporter des réponses solides, à la hauteur de ces enjeux.