Encore les préposées!

Très cher gestionnaire du CIUSSS,

D’abord, que je suis contente de te parler! Je ne me rappelle pas la dernière fois qu’on s’est vus! (Non, pour vrai, je ne m’en rappelle vraiment pas...)

En hommage à ton dur labeur, j’ai décidé de t’écrire, entre autres pour te remercier de tes choix si éclairés qui pimentent mon existence. Comme l’achat de tables sur roulettes trop hautes : c’est si pratique quand on est en fauteuil roulant de manger le nez directement dans l’assiette! Ou ces nouveaux bols si mignons, trop petits pour contenir une boîte de céréales, mais avec de jolies poignées!

Mais ce que j’aime le plus chez toi, c’est ton écoute. Comme lorsque, en pleine pénurie d’employés sur le plancher, tu me demandes de donner quand même les bains des résidents et que, devant mon refus pour cause de «j’ai juste deux bras, c’est physiquement impossible», tu me regardes d’un air bienveillant et me réponds d’un compréhensif : «Oui, je comprends, je sais bien, mais bon, il faut les donner hein!». Devant ton insistance, et pour ton bonheur, mon cher gestionnaire, je t’écouterai.

Il ne reste plus qu’à décider quels soins je devrai laisser tomber. Arrêter d’amener les résidents aux toilettes? Le plus rentable certainement, c’est le plus long. Laisser des résidents couchés 24 heures? Ils ne sortent à peu près pas de toute façon! Ou non, ne soyons pas superficiels, délaissons l’esthétique : faire la barbe, peigner les cheveux, faire les lits, que de temps gaspillé! Et puis, s’ils ont un bain par semaine (peut-être même deux, osons rêver!), est-ce vraiment nécessaire de faire une toilette partielle tous les jours? Tu vois, cher gestionnaire, ta réflexion me stimule et me force à me remettre en question, que c’est vivifiant!

Et ne t’en fais surtout pas, c’est correct de forcer les PAB à rester après leurs huit heures de travail; après tout, être PAB, ce n’est pas un boulot, c’est une vocation, et toute vocation entraîne forcément une certaine abnégation. C’est bien beau d’avoir des enfants et des projets, mais les résidents n’ont pas à payer pour nos choix de vie!

Ta toujours dévouée Kathryn Fortin, préposée aux bénéficiaires

Ainsi que tes tout aussi dévouées Marie-Josée Lavoie, Hélène Bourget, Chantal Baudin, Caty Tremblay, Mélanie Joseph, et 20 autres employés.