Encore des croûtes à manger

CHRONIQUE / Sur Facebook, à la question : « Croyez-vous que la femme est aujourd’hui égale à l’homme ? », les gens, hommes et femmes, ont presque tous répondu non.

« Un homme va se faire offrir un poste, alors qu’une femme devra se battre pour obtenir ce même poste. Parfois, comme il y a des hommes sur la liste des candidats, le CV de la femme n’est même pas considéré », a écrit Nathalie. « Dans notre pays, ça ne va pas si mal, mais dans d’autres endroits, les femmes ne sont pas sorties du bois », a ajouté Marlène. « Un homme célibataire est un héros national à séduire, alors que pour la même situation vécue par une femme, c’est qu’elle n’est pas “ramassable” ou qu’elle a quelque chose... Certaines mentalités archaïques ne sont pas près de changer », a pour sa part analysé Fabien.

Comme George Sand a adopté un nom masculin pour augmenter ses chances d’être publiée, certaines sont plus fonceuses que d’autres ; certaines se démarquent. Or, même si plusieurs croient que la lutte homme-femme est terminée, un bon bout de chemin reste à faire à bien des égards. Ainsi, de nombreux défis se présentent à nous. Or, il ne faut surtout pas oublier les Thérèse Casgrain, les Simone Monet-Chartrand et toutes celles qui ont défriché cette longue — et peut-être interminable — route vers l’égalité.

Sur le plan politique

Pour prouver que les femmes n’ont pas encore toute la place qui leur est due, il faut regarder le portrait de l’histoire politique. Au Canada, depuis 1991, seules 12 femmes ont été élues au poste de première ministre de leur province. Aucune avant ! Au Québec, une seule l’a été et au Canada, Kim Campbell fut l’unique femme à occuper le siège de première ministre pendant 134 petits jours. Aux États-Unis, aucune femme n’a été présidente et ce n’est pas demain la veille que les Américains éliront une femme. Pourtant, Hillary Clinton a carrément remporté le plus grand nombre de suffrages populaires avec trois millions de voix de plus que Trump, qui ne s’est jamais retenu pour catapulter des propos sexistes comme cette phrase à l’émission d’Oprah Winfrey : « Moi et ma femme, nous nous entendons très bien et il n’y a pas beaucoup de désaccords parce qu’elle fait exactement ce que je lui dis de faire. »

Mauvais souvenir

Il y a quelques années, je suis allée en Afrique avec ma fille. Lui, il mangeait avec sa femme voilée qui devait soulever son vêtement pour entrer l’ustensile dans sa bouche. Comme s’il avait visionné un film XXX, avec un dégoûtant regard concupiscent, il ne se gênait pas pour observer les seins de ma fille en lui envoyant des bisous baveux. Je me suis tournée vers lui et lui ai demandé de nous laisser manger en paix. Comme il continuait, nous avons changé de table. Elle, la dame, dans toute son épouvantable soumission, continuait à manger. Je connais des Québécoises qui auraient réagi autrement !

Au boulot !

C’est simple ! Dans plusieurs milieux de travail, les femmes doivent souvent se battre pour se faire valoir ! Aussi, les postes stratégiques ne sont pas offerts d’emblée aux femmes comme peuvent le vivre les hommes. Elles doivent vendre leur salade pour avoir les postes. Aussi, malgré les grands changements des dernières décennies, les femmes continuent d’être moins payées que les hommes au Québec, les écarts oscillant autour de 20 %. Aussi, elles doivent batailler pour se tailler une place dans les secteurs traditionnellement réservés aux hommes.

Tant de questions

Dans l’histoire, combien d’idées géniales émises par des femmes ont été ignorées ? Combien d’avortements sélectifs ? Oh ! Combien de femmes excisées, violées, lapidées ou brûlées ? Et celles qui ne peuvent réaliser leurs rêves rien que parce qu’elles sont femmes ! C’est clair, il reste du chemin à parcourir. Mesdames, n’abandonnons pas !