Une partielle aux enjeux particuliers

ÉDITORIAL / Le 15 décembre prochain, les citoyens du district 1 à Saguenay seront appelés aux urnes afin de se donner un nouveau représentant, conséquemment au départ du conseiller Jonathan Tremblay. Or, bien que chaque élection demeure un exercice démocratique important, celle-ci aura une incidence particulière pour plusieurs, à commencer par la mairesse Josée Néron et son Équipe du renouveau démocratique (ERD).

L’enjeu sera en effet déterminant pour cette formation politique qui, malgré l’élection d’une mairesse, n’a pu faire mieux que trois conseillers sur quinze lors de la dernière élection générale, en 2017. Il sera fort intéressant d’évaluer la performance du candidat de l’ERD, Gilles Tremblay, alors que l’arrondissement de Jonquière a rejeté massivement les partis, il y a deux ans. Pour l’ERD, une percée dans Jonquière serait un signal positif pour les prochaines élections, mais là n’est pas l’enjeu le plus significatif. Depuis le début de son mandat, Josée Néron a maintes fois été en confrontation avec les six élus indépendants de cet arrondissement. Ces derniers ont rapidement réussi à former un groupe homogène et efficace sur l’échiquier politique saguenéen. L’incursion d’un membre de l’ERD à l’intérieur du cercle restreint qu’est le conseil d’arrondissement de Jonquière modifierait sans doute la dynamique actuelle, à l’avantage de la mairesse et de son parti. Ne dit-on pas : « Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis ? »

Le phénomène s’applique encore plus au chef de l’Alliance Saguenay, Dominic Gagnon, qui a vu son ancienne formation, le Parti des citoyens de Saguenay, s’effondrer au lendemain du scrutin général. Pour le médecin de profession, cette partielle risque fort d’être celle de la dernière chance. Dans la mesure où il n’a pu faire mieux que 6,13 % des voix en 2017, son ascension au conseil de ville serait une victoire impressionnante. Elle lui permettrait de s’entourer d’employés permanents grâce aux quelque 200 000 $ qui seraient accordés à l’Alliance Saguenay à titre de parti d’opposition. Sur le plan strictement politique, Dominic Gagnon bénéficierait également d’un accès privilégié à de l’information stratégique, ce qui lui permettrait de mieux affuter ses flèches en prévision des prochaines élections.

En lice, il y a également trois candidats indépendants : l’enseignant collégial Jimmy Bouchard, l’homme d’affaires Daniel Tremblay-Larouche et l’ex-conseiller municipal Réjean Hudon, qui défendait les couleurs du Parti des citoyens de Saguenay en 2017.

Comme Dominic Gagnon ou Gilles Tremblay, aucun d’eux n’a pignon sur rue dans le quartier convoité, ce qui donne un caractère plutôt inusité à cette partielle. N’y avait-il donc personne, dans tout le district 1, qui souhaitait se faire la voix de ses concitoyens au conseil de ville de Saguenay ? Ce désengagement laisse perplexe, c’est le moins qu’on puisse dire.

Certes, une élection partielle en plein milieu de mandat n’est pas aussi captivante qu’une générale. Le vainqueur siégera moins de deux ans, ce qui est très court compte tenu des semaines qui lui faudra pour se familiariser avec ses dossiers, son environnement et ses nouvelles fonctions. De plus, le calendrier électoral étant ce qu’il est, la vaste majorité des projets qui devaient être articulés au cours de ce mandat sont déjà fort avancés, incluant ceux qui concernent le district 1.

Aussi, quelle que soit l’issue de cette élection, le véritable intérêt réside dans l’impact qu’elle aura sur les forces en présence. L’ERD réussira-t-elle une incursion dans Jonquière ? L’Alliance Saguenay fera-t-elle son entrée en scène à l’hôtel de ville ? Les indépendants consolideront-ils leur suprématie au sein du conseil ?

La réponse à ces questions sera connue le 15 décembre.