Une occasion à ne pas manquer

ÉDITORIAL / Il y a de ces occasions qui se présentent rarement et qui sont susceptibles d’avoir une influence sur l’avenir d’une collectivité. La main tendue jeudi par la ministre Mélanie Joly est l’une d’elles, alors que la titulaire fédérale du Tourisme s’apprête à présenter sa stratégie nationale, dont l’objectif est de « vendre » le Canada aux voyageurs du monde entier.

Certes, le discours a été entendu mille et une fois. Au fil du temps, des efforts ont été déployés tous azimuts afin de mettre en valeur les atouts du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Des personnes compétentes et des organisations structurées, comme Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean, Promotion Saguenay ou Tourisme Alma-Lac-Saint-Jean, multiplient les campagnes de séduction et obtiennent des résultats probants d’une année à l’autre.

Or, ce que propose la ministre Joly à la région est l’opportunité d’être partie prenante de la future stratégie canadienne en matière de tourisme. « J’ai vraiment besoin de vous », dit-elle. Comment refuser une telle invitation, surtout dans un contexte où le gouvernement Trudeau a doublé le budget alloué au Tourisme, qui s’élève désormais à près de 100 millions de dollars ?

Or, le Saguenay-Lac-Saint-Jean n’est pas seul à être convié à cette réflexion nationale. D’autres régions, d’autres provinces tenteront, elles aussi, de faire valoir leurs idées et influencer la ministre dans l’élaboration de son plan, dans l’espoir d’en tirer avantage.

Ce que nous savons en ce moment, c’est que la stratégie sera articulée autour de trois grands axes : prolonger la saison touristique, valoriser la culture autochtone et capitaliser sur notre offre culinaire unique. Dans chacun de ses secteurs, le Saguenay-Lac-Saint-Jean est en mesure de tirer son épingle du jeu, s’il parle d’une seule et même voix. Trop souvent a-t-on été, nous-mêmes, notre pire ennemi.

La présence de la communauté innue de Mashteuiatsh, qui vit en harmonie avec Roberval, est une richesse culturelle dont peu de régions peuvent se targuer. Sur le plan culinaire, nos produits du terroir n’ont rien à envier à qui que ce soit. L’époque où la tourtière du Lac était l’unique met caractéristique de la région est révolue depuis longtemps avec l’avènement des microbrasseries, la route des fromages, l’agriculture nordique…

Avec une saison de motoneige qui débute tôt et qui se termine tard, dans des conditions optimales ; avec ses parcs naturels, son zoo sauvage, son fjord qui accueille les croisiéristes de partout ; avec son lac Saint-Jean, une mer intérieure qui attire en été les meilleurs nageurs longue distance de la planète et, en hiver, de plus en plus d’adeptes de fatbike ; avec ses plages, ses pistes cyclables, ses sites de pêche sur glace, ses festivals et ses symposiums, le Saguenay-Lac-Saint-Jean propose une offre touristique à longueur d’année, à l’image de celle que préconise la ministre Joly.

Il n’y a pas de mal à vanter notre coin de pays, au contraire. Comme il n’y a aucune honte à définir l’industrie touristique tel un moteur économique favorisant l’émergence de petites et moyennes entreprises spécialisées, génératrices d’emplois.

Certes, il faudra investir d’importantes sommes d’argent pour que nos attraits soient de calibre mondial, en améliorant par exemple l’accès à certains sites ou en bonifiant différentes infrastructures. C’est ce que le Zoo sauvage de Saint-Félicien a réussi à faire avec son vaste projet de modernisation qui prévoit, entre autres améliorations, l’agrandissement de l’aire dédiée aux ours polaires. Or, cela n’aurait pas été possible sans une participation gouvernementale de 26 millions $, accordée par Québec en février 2016.

La ministre Joly s’est présentée devant la région jeudi en disant : « J’ai besoin de vous. » Il appartient maintenant à nos représentants locaux de la convaincre de notre potentiel, et d’obtenir l’argent nécessaire pour que le Saguenay-Lac-Saint-Jean devienne un fleuron de l’industrie touristique canadienne.

Il y a de ces occasions que nous ne pouvons simplement pas laisser passer.