La ministre Andrée Laforest et la ministre déléguée à l'Éducation Isabelle Charest entourent le directeur général du Patro, Yannick Gagnon.

Une grande réussite collective

ÉDITORIAL / Quand on le veut, on le peut. En campagne électorale, le premier ministre François Legault avait promis d’appuyer financièrement le projet du Patro de Jonquière et jeudi, il a tenu parole.

Certes, il ne s’agit pas d’un investissement de centaines de millions de dollars. Non, la somme consentie par le gouvernement est d’à peine 2 millions. Pourtant, chaque centime de ce montant sera, pour la Coalition avenir Québec, un véritable concentré de capital politique et surtout, un gage de crédibilité lors du prochain scrutin.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le premier ministre et son équipe récolteront sans doute le fruit de cette annonce, et ce sera pleinement mérité. Pas en raison des millions octroyés, mais parce que le gouvernement Legault a été conséquent de ses engagements. Il ne s’est pas arrêté aux programmes existants ni aux recommandations des fonctionnaires qui, autrefois, ont jugé le projet irrecevable. François Legault a réussi là où son prédécesseur, Philippe Couillard, a échoué. Comment M. Couillard a-t-il pu ignorer l’importance cruciale — et stratégique dans Jonquière — de ce dossier, lui qui était responsable de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean ?

François Legault, lui, a immédiatement compris que le projet du Patro de Jonquière était beaucoup plus grand que la mise à niveau d’un gymnase ; qu’il s’agissait d’investir dans un symbole et non dans une infrastructure.

Car le Patro, pour toute une génération d’enfants devenus adultes, est un sanctuaire dans lequel flottent encore mille et un souvenirs. C’est entre ses murs que des milliers de jeunes ont traversé l’adolescence et façonné leur devenir.

Il ne fallait pas être un devin pour constater que ce projet serait appuyé massivement par la collectivité jonquiéroise. Or, il a fallu des années de mobilisation pour en arriver à ce dénouement. Une mobilisation citoyenne sans précédent, qui s’est traduite par une récolte de 1,4 million de dollars, à laquelle s’ajoute une contribution de 800 000 $ de Saguenay.

Énumérer les principaux artisans de cette réussite est impossible puisqu’il s’agit d’une victoire collective. Certes, il y a différentes personnalités publiques qui ont joué un rôle déterminant au cours des dernières années, mais chacune d’elles serait sans doute d’avis qu’elle n’a été qu’une pièce parmi tant d’autres sur l’échiquier. Il demeure que tous peuvent aujourd’hui se réjouir, avec le sentiment du devoir accompli.

L’exemple éloquent qu’il faut suivre

La saga du Patro de Jonquière doit servir d’inspiration. Elle prouve que lorsqu’une population se tient debout, qu’elle se fixe un objectif commun et qu’elle multiplie les efforts pour atteindre son but, rien n’est impossible.

Mais malheureusement, un tel consensus est plutôt rare. Plus souvent, les projets sont source de divergences et d’affrontements, comme ce fut le cas dans le dossier d’amphithéâtre au centre-ville de Chicoutimi.

La division permet de repousser les projets, d’en réduire le financement ou de les anéantir tout simplement. Aussi est-il temps d’identifier, collectivement, des projets qui animeront les gens comme l’a fait celui du Patro de Jonquière.

Il y a également lieu d’encourager davantage l’implication citoyenne, cet effort sincère, contagieux et inépuisable qui permet de déplacer les montagnes.

Cette annonce en est un exemple éloquent.