Denis Bouchard

Une décision pour l’avenir

ÉDITORIAL / En l’espace de quelques mois, Le Quotidien et Le Progrès ont vécu coup sur coup un grand feu, un déluge et un tremblement de terre ! Et à l’image des Jeannois et des Saguenéens, nous nous relevons en adoptant une nouvelle forme qui nous permettra de mieux affronter les vicissitudes auxquelles tout le monde, sans exception, est confronté.

Les six journaux régionaux du groupe, unis par la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i), ont officiellement annoncé vendredi leur nouveau modèle d’affaires : l’abandon définitif du papier en semaine. Cela se traduit par des accès numériques sept jours sur sept, 24 heures sur 24, avec une édition papier le samedi, complètement revisitée, de style magazine.

D’entrée de jeu, reconnaissons qu’il s’agit de la fin d’une époque ; le papier a encore ses adeptes, mais le modèle s’étiolait inexorablement par la baisse incessante du nombre des abonnés et une offre publicitaire plus difficile à soutenir. Ce modèle nous maintenait dans la tradition, mais plombait nos finances de jour en jour jusqu’à la faillite, en août dernier.

La pandémie a forcé les journaux de la CN2i, Le Quotidien du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Le Soleil de Québec, Le Nouvelliste de Trois-Rivières, La Tribune de Sherbrooke, La Voix de l’Est de Granby et Le Droit de Gatineau/Ottawa, à enclencher une profonde réflexion sur leur avenir afin de dégager un nouveau modèle plus robuste et viable, mieux à même d’incarner leur mission d’information locale.

Comme il était déjà projeté de passer en douceur au numérique en 2021 avec une édition papier le samedi, c’est sur cette base que des scénarios ont été imaginés pour en arriver au modèle dévoilé vendredi. Une seconde étape est prévue en septembre par l’implantation d’un mur payant. Attention, abonnés du Progrès : il ne vous coûtera rien de plus pour accéder à toute l’information numérique de nos journaux, soit notre Web (www.lequotidien.com), notre application (disponible sur Google Play et Apple Store), nos infolettres et le contenu diffusé sur les réseaux sociaux.

En fait, nous devançons le déploiement de notre stratégie avec des modifications substantielles qui tiennent comptent des cycles de consommation, plus courts et plus imprévisibles. La triple crise dont il question en début de texte – crise des médias, crise sanitaire et crise économique – nous a administré un électrochoc sans précédent. Non seulement il faut agir et penser différemment, mais aussi créer un modèle ajustable, souple et qui nous aidera à esquiver, autant que faire se peut, les coups durs comme ceux que nous sommes en train de vivre.

Les derniers mois ont été éprouvants sur tous les plans, mais il y a une tendance qui ne s’est pas démentie : vous aimez l’information régionale de qualité, vous en mangez et vous en rêvez. Tous nos moyens de mesure le prouvent. L’achalandage sur nos produits numériques, relevés sans aucune influence externe ou dopage quelconque, a extraordinairement bondi au cours des dernières années et a littéralement explosé depuis le début de la pandémie. Tant et si bien que Le Quotidien et Le Progrès sont avantageusement positionnés dans l’industrie en cette matière. Vous êtes partout, dans nos infolettres, sur notre site Web et sur notre application, de plus en plus nombreux, ce qui prouve que vous, lecteurs, avez changé vos habitudes de vous informer.

Le modèle coopératif mis en place, mû par une base très engagée et résolument tournée vers l’avenir, sied parfaitement à la situation. Dans les discussions entre coopérants, gestionnaires et administrateurs, toutes les phrases commencent par : « Nous voulons sauver l’information régionale. »

Notre ADN demeure toujours l’information régionale que nous vous relayons le plus rapidement possible sur nos supports numériques. Le samedi, nous vous convions à un autre produit, tenant compte de votre appétit pour une approche différente, plus en profondeur, qui ajoute à la compréhension de l’actualité.

La région a de la chance d’avoir des médias forts, plus particulièrement un quotidien. Nous contribuons à la sauvegarde des valeurs les plus chères à notre société, grâce à vous !