Une bombe à retardement

OPINION / Je ne comprends pas que des économistes disent que tout va bien au Canada sur le plan de l'économie avec toutes les dettes que les payeurs d'impôts véritables sont associés.
En effet, les chroniqueurs versés en économie nous informent que les Canadiens sont personnellement endettés de 2 000 milliards de dollars. Un milliard c'est mille millions. Les Canadiens sont solidaires d'une dette au fédéral de 644 milliards de dollars, une dette qui coûte 80 millions de dollars par jour. Les dettes des provinces totalisent 601 millions de dollars. La somme des trois montants représente 3 245 milliards de dollars.
Ce n'est pas tout ! Ajoutez à cela au moins 1 000 milliards de dollars qu'est la dette de toutes municipalités et organismes paragouvernementaux du Canada. Les compagnies nous refilent des intérêts dans les produits vendus et nous rendent solidaires d'au moins 1 000 milliards de dollars de dettes. Donc, chaque payeur d'impôts canadien se lève le matin solidaire d'une dette de 350 000 dollars. À 10 % d'intérêt, cela représente 35 000 dollars annuellement. Combien chaque payeur d'impôt gagne-t-il annuellement ? Certaines personnes pensent que les dettes ne sont que des chiffres écrits dans des livres. Pourtant, vous avez signé un contrat avec votre banquier prêteur. Lorsque vous n'êtes plus capable de payer la maison où vous demeurez, il reprend la maison. Il en est de même pour l'auto, le bateau, le ski-doo et ainsi de suite.
Madame Monique Leroux, ex-présidente directrice générale du Mouvement Desjardins, vers la fin de son mandat disait : « Il y a une limite à l'endettement ! ». Selon vous, au Canada, la limite de l'endettement est atteinte ou dépassée ? Ça vous dit quelque chose ce qui est arrivé au pays la Grèce ? Beaucoup moins de services et toujours avec une dette étouffante. Depuis un an la monnaie du Venezuela a été dévaluée de 1 200 %. Pouvez-vous imaginer le dollar canadien dévalué de 100 ou même 1 000 % ? De 1964 à 1967, je vivais en Bolivie. En raison des gouvernements qui se succédaient à répétition, avec des mandats très courts, et les dirigeants s'emplissaient les poches et s'exilaient aux États-Unis ou en Europe, un billet de 10 000 pesos valait un dollar. En raison du président actuel, le premier autochtone à diriger le pays depuis onze ans, il faut huit pesos boliviens pour un dollar canadien.
J'habite ce pays cinq mois par année depuis 10 ans et la valeur de la monnaie se maintient à 7 pesos boliviens pour un dollar U.S. Notre premier ministre canadien, au lieu de se comporter en « rockstar » aurait avantage à rencontrer Evo Morales président de la République plurinationale de Bolivie. Celui-ci est né dans la « pampa » des hauts-plateaux boliviens dans un environnement très modeste pour ne pas dire pauvre. Il est tout de même, avec des études modestes, arrivé à la tête des six centrales syndicales du pays. À la troisième tentative, il a accédé au plus haut poste de l'État bolivien. Il n'a pas oublié ses racines. Oui, M. Trudeau, le Canada est un très beau pays. Mais, avec l'endettement astronomique dont chacun des payeurs d'impôts est solidaire, ne sommes-nous pas assis sur une bombe à retardement ?
Martin Belley, Saint-Nazaire