La mairesse de Saguenay, Josée Néron

Une année politique

ÉDITORIAL / L’année 2018, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, apportera encore son lot de défis en plusieurs matières, mais sera sans doute marquée par la politique.

Les résultats des élections municipales de novembre auront leurs véritables effets sur l’échiquier régional au cours des prochaines semaines. De nouveaux maires à Saguenay, Dolbeau-Mistassini, Saint-Félicien et Roberval, entre autres, changeront passablement la dynamique.

Il y a, notamment, beaucoup d’attente du côté de Saguenay en raison de l’élection de Josée Néron. Celle-ci arrive avec un style différent de Jean Tremblay, l’ancien maire, et a promis que la capitale assumera son rôle de leader tout en travaillant en concertation avec toutes les forces de la région.

Les premières semaines de Mme Néron ont été marquées par la « gestion interne » des affaires, étant aux prises avec l’héritage de son prédécesseur. Fort probablement qu’elle-même ne s’attendait pas à autant de découvertes dans les contrats d’embauche de la garde rapprochée et collaborateurs de l’ex-maire.

Au Lac-Saint-Jean aussi, un nouveau leadership se dessine. Le maire d’Alma, Marc Asselin, qui fait maintenant figure de vétéran, aura plus d’espace pour manœuvrer, ce qui est logique considérant la taille et l’importance de sa ville. Pour les nouveaux maires, Luc Gibbons (Saint-Félicien), Sabin Côté (Roberval) et Pascal Cloutier (Dolbeau-Mistassini), ils auront tout le loisir de se positionner dans la nouvelle dynamique.

D’ailleurs, le changement de garde s’est fait rapidement sentir à Dolbeau-Mistassini, où le nouveau maire a pris deux décisions audacieuses en dégageant un budget pour embaucher un commissaire industriel et un directeur du tourisme. La Ville prend ainsi son destin à bras-le-corps et augmente ses chances de succès.

Évidemment, la concertation globale passera toujours par la Table des préfets, qui en a gros à assumer depuis l’abolition des Conférences régionales des élus. Le retour, de façon plus active, de Saguenay s’annonce déjà comme une amélioration.

Au portrait municipal s’ajoutent les élections provinciales qui auront lieu en octobre prochain. La campagne est déjà lancée et il est à souhaiter que les stratégies politiques ne viennent pas nuire au développement et aux attentes du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Est-ce que le tableau politique changera pour la peine ? Pour ce faire, il faudrait que la Coalition avenir Québec (CAQ) effectue une percée. Et si c’est le cas, où les caquistes feront-ils le plein de votes ?

Il est d’ores et déjà assuré que les libéraux seront au cœur de la lutte en raison, principalement, de la région métropolitaine qui leur garantit plusieurs dizaines d’élus. Dans la région, les candidats du Parti québécois feront-ils encore mieux que leur formation à l’échelle du Québec ?

Les politiciens de l’opposition n’aiment pas cette vérité : il n’est pas souhaitable qu’une région n’ait pas au moins un député au pouvoir. La politique étant partisane, être près du pouvoir n’est pas de nature à nuire.

En tout cas, les électeurs de la région appliquent cette règle au fédéral, ayant longtemps voté pour Denis Lebel, dans Roberval. Et dans la Trudeaumanie, ils ont porté Denis Lemieux au pouvoir et, récemment, à la faveur d’élections partielles, ils ont élu Richard Hébert, un libéral (Roberval). Une autre partielle est attendue dans Chicoutimi-Le Fjord à la suite du départ aussi précipité qu’inexpliqué de Denis Lemieux.

Le premier ministre Justin Trudeau ne devrait pas faire durer le suspense sur la date des élections par respect pour les électeurs. Ceux-ci lui ont envoyé un député en espérant des retombées et non pour avoir une circonscription orpheline.

Donc, alors que l’odeur des dernières élections municipales ne s’est pas encore dissipée, il y en aura une autre cet hiver ou tôt au printemps, celle des partielles, avant la grande élection provinciale le 1er octobre prochain. De quoi tenir l’électeur sur le qui-vive !