Gôtel de cille de Chicoutimi

Un talon d'Achille

ÉDITORIAL / À quelques jours de la fin des mises en candidature en vue des élections du 5 novembre prochain, le ton de la campagne électorale municipale de Saguenay est déterminé par des acteurs qui ne sont pas candidats, une situation plutôt rare en politique.
La position du maire de Saguenay, Jean Tremblay, sur le contrat d'embauche de Ghislain Harvey à la tête de Promotion Saguenay, inspire depuis quelques jours Josée Néron, chef de l'Équipe du renouveau démocratique (ERD), et les indépendants Arthur Gobeil et Jean-Pierre Blackburn.
Il va de soi que les trois candidats à la mairie précités ne manquent pas de dénoncer le secret qui entoure les conditions de travail de Ghislain Harvey. Plus on voudra s'opposer à la divulgation du contrat, plus les adversaires de Dominic Gagnon revendiqueront qu'on le rende public.
C'est bien dommage pour le médecin, qui met des efforts pour insuffler un nouvel élan au jeune Parti des Citoyens, mais il est à se demander comment il arrivera à modifier l'ordre du jour de la campagne. Même s'il a apporté des modifications au nom du parti en le précédant d'Équipe Dominic Gagnon, il continuera de répondre pour les décisions de l'administration en place.
Le secret, en politique, s'il ne devient pas fatal, est pour le moins embarrassant. Les exemples de politiciens qui sont tombés parce qu'ils ont pris des critiques à la légère, après avoir nié dans un premier temps, foisonnent. Quand ils sont eux-mêmes responsables de la chose, il va sans dire qu'ils ont été les artisans de leur propre malheur. 
Dans le cas de Dominic Gagnon, même s'il devait s'attendre à être interrogé sur les décisions prises par d'autres, avait-il prévu se retrouver au coeur des attaques les plus vigoureuses jusqu'à maintenant de la campagne électorale municipale à Saguenay ?
Plus la campagne avance, plus Josée Néron, Jean-Pierre Blackburn et Arthur Gobeil durcissent le ton à l'endroit de Promotion Saguenay. Lundi, Arthur Gobeil a été on ne peut plus clair : il mettra à la porte Ghislain Harvey s'il est élu.
Soit, certains peuvent toujours penser que M. Gobeil se trouve le négligé parmi les adversaires de Dominic Gagnon, mais les deux autres ne sont guère plus conciliants. Jean-Pierre Blackburn a affirmé la semaine dernière que les conditions de travail des principaux fonctionnaires de Promotion Saguenay seront rendues publiques le 6 novembre s'il est élu. Évidemment, il se garde bien de faire part de ses intentions quant à Ghislain Harvey, l'ayant louangé généreusement quand il était chef du Parti des Citoyens.
Pour sa part, Josée Néron talonne et questionne Promotion Saguenay sur sa gouvernance depuis longtemps. Hier encore, Mme Néron a dit vouloir recentrer les interventions de l'organisme autour du développement économique et touristique et de l'aide aux PME.
Ce dossier apporte beaucoup d'eau au moulin dans la présente campagne et ne peut que nuire à Dominic Gagnon, un homme peu habitué aux méandres politiques, mais enthousiasmé par le défi de la mairie.
Ironiquement, il y a des éléments dans l'entourage de Jean Tremblay, qui sont reconnus, même par leurs ennemis, pour être de bons stratèges, mais dans le présent cas, ils peuvent causer des dommages irréparables à un candidat qui s'est lancé en politique de bonne foi.
Sondage
Une campagne électorale, c'est long et plein de rebondissements peuvent survenir. Qu'il suffise de penser au 7 mai dernier où Jean-Pierre Blackburn avait été couronné chef du PCS en présence de 900 personnes. Cinq mois plus tard, la vent a complètement tourné. L'ERD, opposition officielle à l'hôtel de ville depuis quatre ans, n'avait certes pas envisagé faire face à trois adversaires.
Il reste moins de six semaines avant les élections et il faut s'attendre à ce que le ton monte davantage. Le Quotidien et son partenaire Kyk-Radio X tiendront deux sondages, pendant la campagne (avec Segma Recherche), dont le premier sera dévoilé la semaine prochaine. Une belle occasion de connaître l'humeur de l'électorat !