L'Université du Québec à Chicoutimi, le Cégep de Chicoutimi, l'hôpital de Chicoutimi et les écoles secondaires Lafontaine, Dominique-Racine et Laure-Conan font partie d'un quadrilatère qui mérite d'être mieux défini.

Un quadrilatère à développer

ÉDITORIAL / Quand ferons-nous une vraie réflexion sur un secteur dynamique et unique qui tourne autour de lui-même par sa seule force ?

Encore Chicoutimi, diront certains détracteurs, mais il est grand temps, avant qu’il ne se détériore trop, de consacrer la vocation du quadrilatère qui englobe l’hôpital de Chicoutimi, le cégep, l’université, la salle régionale de spectacles, les deux amphithéâtres, les écoles secondaires Lafontaine et Dominique-Racine, l’école Laure-Conan et, par extension, le parc Jean-Béliveau.

Déjà engoncé, à l’est par le boulevard Talbot, au sud et à l’ouest par la vocation résidentielle, et le centre-ville au nord, ce secteur à vocation d’enseignement et de recherche, de santé, de loisirs et de culture, a un urgent besoin d’être protégé, mis en relief et, surtout, d’être harmonisé. Sans compter la présence importante de CGI à quelques jets de pierre.

Une telle concentration d’institutions majeures mérite, à elle seule, que les élus de Saguenay, ceux de l’arrondissement de Chicoutimi en tête, entament une réflexion visant à unifier les composantes, à faciliter la circulation à pied et en vélo à partir des lieux habités à proximité et à cesser, à chaque initiative, de diluer la nature même du quadrilatère.

Le moment est plus propice que jamais – en plein débat sur un nouvel amphithéâtre au centre-ville, un projet de piscine, un autre de mobilité durable (transport en commun), d’une nouvelle revendication d’ajout de stationnements à l’hôpital et d’un projet imposant d’habitation mixte – pour créer ou recréer l’esprit d’une zone unique.

Parce que chaque fois qu’une nouvelle initiative est prise, on a l’impression que tous les bâtiments s’éloignent les uns des autres alors que la tendance d’aménagement des villes est tout le contraire.

Par exemple, bien qu’il soit une artère liée au dynamisme et au développement de l’arrondissement, le boulevard de l’Université ne doit plus être une sorte de mur barbelé pour les utilisateurs des institutions en place si on souhaite les maintenir dynamiques et attrayantes. Tous les jours, des universitaires, des collégiens et des élèves de Dominique-Racine se heurtent au trafic lorsqu’ils se déplacent. Il y a une masse critique qui commande une passerelle (ou autre aménagement) qui rend fluide et ininterrompu le déplacement, qui l’encourage, en plein cœur du secteur, non seulement pour une question de sécurité, mais aussi de rapprochement entre tous les lieux.

Le secteur change, depuis quelques années, mais pas dans le bon sens. Tout devient soudainement à distance, éloigné et éparpillé. Pourtant, il y a des milliers d’étudiants, élèves, travailleurs, utilisateurs, résidants et commerçants pour qui il s’agit d’un milieu de vie. Tout mis ensemble, dans un rayon d’un kilomètre sur deux kilomètres, nous aurions là l’une des villes les plus importantes de la région, après Saguenay et Alma. Ce n’est pas rien !

Évidemment, ça prend une vision, mais surtout l’amour de son territoire, une passion pour son milieu de vie et la capacité de reconnaître la richesse des lieux. Imaginez ce que nous pourrions faire de cette zone en mettant notre intelligence et notre originalité à profit !

Faut bien le dire, ça prend du courage politique aussi, dans un contexte où les projets de développement sont mis dans une balance dans le but d’en arriver à une sorte d’équilibre, mû par des rapports de force.

Même si la région ne croît pas à la vitesse d’autres régions du Québec et que la population est vieillissante, ce secteur souffre de l’étalement urbain, de l’automobile reine ou, plus spécifiquement, de l’automobiliste roi.

Oui, il s’agit d’un secteur fort, mais n’arrive-t-il pas aux colosses de plier les genoux ? Nos institutions, qui se fendent les cheveux en quatre pour recruter à la fois clients et personnel, auraient une belle carte de visite si elles pouvaient offrir un milieu de vie exceptionnel à dimension humaine.

À regarder ce qui se passe, celui qui se ferait le défenseur d’une telle idée est à plaindre…