Les consommateurs de la région comme d'ailleurs au Québec auront justement un grand rôle à jouer afin que l'ambitieux projet des Serres Toundra se réalise à son plein potentiel.

Un projet plein d'impacts

On a souvent reproché aux grands joueurs de l'industrie forestière, et notamment aux anciennes multinationales regroupées aujourd'hui sous le logo de Produits forestiers Résolu, de ne pas avoir su diversifier leurs modèles d'affaires et de ne pas avoir suffisamment investi en matière de recherche et de développement, une situation les rendant très, trop, vulnérables aux aléas des marchés.
Or, dans le cadre de l'ambitieux projet des Serres Toundra de Saint-Félicien, il convient, cette fois, de saluer la vision de PFR, qui se lance, en collaboration avec des partenaires privés bien enracinés dans leur milieu, via la nouvelle division «Résolu Croissance», dans un créneau résolument différent du papier et des «2X4». Un créneau qui ouvre la porte à de nouvelles perspectives économiques majeures pour le «Haut» du Lac-Saint-Jean et aussi pour l'ensemble de la région.
Impacts
Si tout se déroule selon les plans des partenaires, dévoilés la semaine dernière, les installations des Serres Toundra seront pleinement opérationnelles en 2018 et fourniront alors quelque 400 emplois directs, à la suite d'investissements totaux évalués à plus de 100 M$. À elles seules, ces données témoignent de l'importance du projet et des impacts qu'il aura pour l'économie du secteur, bien malmenée au cours des dernières années.
Au-delà de ces chiffres éloquents, le projet envoie, de la part de PFR, un signal porteur d'avenir. La multinationale démontre ainsi sa volonté à collaborer avec le milieu local dans le cadre de projets structurants. Elle démontre aussi son ouverture à explorer de nouvelles pistes de développement susceptibles de diversifier ses sources de revenus à moyen et à long terme. Il est logique que PFR cherche à exploiter des créneaux liés à l'utilisation de la biomasse et des résidus forestiers. L'utilisation de cette source d'énergie afin de produire des légumes et de chauffer des serres constitue une façon de boucler de manière durable et écologique la boucle de l'exploitation forestière. À terme, on peut même espérer que les légumes récoltés dans la région supplantent ceux importés des quatre coins du globe sur les tablettes des supermarchés du Québec. Ce serait là une manière de réduire les émissions de gaz à effet de serres engendrés par le transport sur de très longues distances! Et, plusieurs études démontrent que la culture en serres nécessite moins de produits chimiques et de pesticides.
Les consommateurs de la région comme d'ailleurs au Québec auront justement un grand rôle à jouer afin que l'ambitieux projet des Serres Toundra se réalise à son plein potentiel. Il sera impératif que ceux-ci soient prêts à favoriser l'achat local, quitte, le cas échéant, à débourser quelques sous de plus pour acheter des légumes récoltés à Saint-Félicien. En quelque part, il s'agit, pour ceux qui ne lisent pas les étiquettes apposées sur les produits qu'ils achètent régulièrement, d'un petit changement d'habitude ayant de gros impacts pour l'économie locale! Du côté de Produits forestiers Résolu, il sera de même intéressant de suivre l'évolution stratégique de la nouvelle branche «Résolu Croissance». Il est clair que le coeur des activités de PFR restera concentré sur le papier et le bois d'oeuvre. Mais la valorisation de la biomasse forestière constitue une piste d'avenir pleine de potentiel et de débouchés intéressants tant pour la compagnie que pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Tout est question de volonté et de vision de la part du milieu.
La concrétisation du projet des Serres Toundra à Saint-Félicien, porté par le maire Gilles Potvin et par des promoteurs locaux bien connus représente, à cet égard, un modèle inspirant, qui, espérons-le, incitera d'autres investisseurs à participer à la diversification économique de la région.