Josée Néron

Un nouveau départ pour tous

ÉDITORIAL / Josée Néron a opté pour l’expérience, certes, mais elle a surtout fait fi du passé pour identifier ceux qui siégeront, avec elle, sur le comité exécutif de Saguenay.

Elle aurait pu être revancharde à l’égard de Carl Dufour et Jonathan Tremblay, deux conseillers indépendants qui se sont souvent abstenus au cours du dernier mandat, craignant de provoquer la colère du maire Jean Tremblay. Elle aurait également pu favoriser les trois autres membres de sa formation politique, même si ces derniers ont tous été élus dans Chicoutimi. Elle aurait enfin pu choisir des candidats nouvellement élus, moins expérimentés et ainsi, plus malléables. Mais non, elle a décidé de s’entourer des personnes qu’elle croyait les plus aptes à diriger le destin de la ville, et cette façon de faire plus lucide que partisane permet d’espérer un véritable changement de culture à l’hôtel de ville.

C’est ce type de politique que les électeurs souhaitaient, et c’est pourquoi ils se sont manifestés aussi fortement en faveur de Josée Néron le 5 novembre. En tournant la page sur les quatre dernières années, la mairesse réitère sa volonté de repartir à neuf, dans une logique plus transparente et démocratique. 

Josée Néron a même préféré Jonathan Tremblay à Marc Bouchard pour la vice-présidence du comité le plus influent de la Ville. Il aurait pourtant été compréhensible, voire naturel qu’elle favorise le porte-couleurs de l’Équipe du renouveau démocratique (ERD) pour cette fonction. Néanmoins, Marc Bouchard fera partie de l’exécutif, à l’instar du Baieriverain Raynald Simard. 

Le compteur repart donc à zéro pour ceux qui faisaient partie du conseil, comme pour ceux qui viennent d’y adhérer. C’est un message clair que lance ainsi la mairesse, qui a besoin de tout sauf de guerres internes au sein de son conseil, alors qu’elle s’apprête à changer le visage de Saguenay et de ses nombreuses composantes périphériques. Aussi faut-il croire que tous les élus auront des responsabilités à la hauteur de leurs attentes et de leurs intérêts, via différentes commissions. Personne ne sera laissé pour compte. 

Présidences d’arrondissements

Les nominations de lundi sont un prélude à d’autres qui suivront et qui seront tout aussi significatives quant à l’organigramme décisionnel de Saguenay, à commencer par les présidents d’arrondissements. 

Selon toutes vraisemblances, la conseillère Julie Dufour, qui s’est illustrée à de multiples occasions au cours du dernier mandat, devrait obtenir l’appui de ses pairs pour présider le secteur de Jonquière. Bien qu’elle n’ait jamais épousé la cause de l’Équipe du renouveau démocratique, Julie Dufour a fait preuve d’une détermination au moins égale à celle de Mme Néron lorsqu’elle était en désaccord avec l’administration Tremblay, notamment dans le dossier du vérificateur général qu’elle a porté à bout de bras jusqu’à obtenir gain de cause. 

À Chicoutimi, quelques conseillers sont susceptibles d’hériter de la présidence d’arrondissement. Avec son expérience, l’indépendant Simon-Olivier Côté pourrait assumer un tel rôle. Or, il est également envisageable que les trois membres de l’ERD fassent front commun afin de promouvoir l’un des leurs, soit Brigitte Bergeron ou encore, l’agriculteur Michel Potvin, qui a démontré, à maintes reprises, sa capacité à gérer des dossiers d’importance au sein du Syndicat des producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Quant à La Baie, le sort se jouera entre les indépendants Éric Simard et Martin Harvey. Un système d’alternance pourrait-il être préconisé afin d’éviter les susceptibilités et permettre à l’un et l’autre de se faire valoir ? L’avenir le dira. 

Mais une chose est sûre, une époque a pris fin pour faire place à une autre, clairement plus démocratique.