Québec emboîte le pas à la stratégie développée par la Conférence régionale des élus (CRÉ) dans le très sensible dossier des aires protégées. Le gouvernement souhaite donc également donner aux territoires qui obtiendront ce statut particulier plusieurs vocations, notamment celle de servir de refuge pour les troupeaux de caribous forestiers.

Un double statut gagnant

Québec emboîte le pas à la stratégie développée par la Conférence régionale des élus (CRÉ) dans le très sensible dossier des aires protégées. Le gouvernement souhaite donc également donner aux territoires qui obtiendront ce statut particulier plusieurs vocations, notamment celle de servir de refuge pour les troupeaux de caribous forestiers.
Cette assurance, fournie de manière sans équivoque vendredi dernier par le ministre Stéphane Bédard, de passage dans les bureaux du Quotidien, constitue un pas intéressant dans la bonne direction. Tout comme la décision, analysée samedi dernier en cette colonne, de sa collègue Martine Ouellet, ministre des Ressources naturelles, de commander une étude complète sur la condition des troupeaux de caribous du Nord du Québec.
Crédibilité
Ces deux décisions donnent du poids et de la crédibilité au processus de réflexion amorcée par la CRÉ dans ces deux dossiers majeurs. De plus, les deux gestes sont constructifs et porteurs à long terme pour l'industrie forestière québécoise.
En superposant les mandats dévolus aux territoires qui seront identifiés à titre d'aires protégées, en faisant ainsi d'une pierre deux coups, Québec s'assure de limiter les impacts sur la récolte de matière ligneuse et donc sur les travailleurs, tout en respectant ses engagements en matière de préservation de l'environnement. Voilà qui respecte l'esprit profond qui anime les principes du développement durable.
C'est aussi faire preuve, tout simplement, de bon sens.
Il serait, il aurait été, en effet, aberrant que Québec décrète la mise en place d'un important réseaux d'aires protégées dans la forêt boréale d'une part, puis, ensuite, décide d'autre part, la mise en place d'un deuxième réseau de territoires préservés totalement indépendants du premier.
Cela aurait doublement pénalisé les entreprises, les travailleurs et les communautés qui vivent de la forêt. Cela aurait fragilisé encore davantage des milliers d'emplois et ralenti la relance de ce secteur d'activités essentiel à l'économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de plusieurs régions ressources du Québec.
Évidemment, il ne sera peut-être pas possible de superposer parfaitement les vocations des aires protégées et les zones dévolues à la préservation du caribou forestier. Car, il n'est pas certain que les forêts fréquentées par ces troupeaux se prêtent toutes à ce statut, qu'elles aient toutes une grande valeur patrimoniale et environnementale. À cet égard, les études qui seront réalisées au sujet du caribou forestier seront éclairantes et déterminantes.
Car, il sera sans doute possible de faire coïncider les deux vocations à plusieurs endroits. C'est là l'essentiel. C'est l'objectif qui doit animer toutes les parties qui prendront part aux discussions finales concernant l'identification des territoires à préserver.
Dans ces discussions, il faudra cependant impérativement que tous fassent preuve d'ouverture et de bonne foi, des groupes écologistes jusqu'aux multinationales, en passant par les élus et les fonctionnaires du ministère des Ressources naturelles.
En matière d'aires protégées et de préservation de l'environnement, soulignons-le encore, l'heure n'est plus à discuter de la pertinence de mettre en place de telles réserves naturelles, mais plutôt de décider, collectivement, des meilleurs sites pour les instaurer, et surtout de prendre le temps de bien faire cette analyse. Il est aussi primordial que cette discussion tienne compte de tous les aspects du développement durable, un concept qui englobe aussi les besoins des travailleurs et des communautés qui vivent de la forêt. Un défi de taille, sans aucun doute, mais un défi crucial pour l'avenir de la région et de l'industrie forestière.