La mairesse de Saguenay, Josée Néron

Un baume pour la mairesse

ÉDITORIAL / Les événements de la dernière semaine doivent avoir l’effet d’un baume sur la mairesse de Saguenay, Josée Néron. Après la fin de non-recevoir des conseillers jonquiérois, la semaine dernière, sur le projet d’un nouvel amphithéâtre, Mme Néron a de quoi mieux respirer ce matin. L’aval à une étude sur le centre-ville de Chicoutimi, la réforme mise en branle à Promotion Saguenay et le départ de Me Pierre Mazurette de Diffusion Saguenay jouent en sa faveur.

Son leadership, la semaine dernière, en a pris pour son rhume, n’ayant pas été en mesure de rallier les représentants de Jonquière à un projet d’un nouvel amphithéâtre dans l’arrondissement de Chicoutimi.

De l’extérieur, quoiqu’en disent des élus de Jonquière, leur décision a eu l’apparence d’une rebuffade même si la réalité est plus nuancée. D’une part, il est difficile de leur reprocher leurs inquiétudes sur la situation des finances et, d’autre part, ils ne s’opposaient pas forcément à une étude sur la revitalisation du centre-ville de Chicoutimi. Toutefois, est-ce que les élus ont fait le nécessaire pour trouver une voie de sortie convenable, un exercice de bonne volonté en politique ?

Une semaine plus tard, la mairesse obtient l’appui du comité exécutif qui débloque un montant de 100 000 $ pour une étude de revitalisation du secteur, également sur la nature des sols et sur le potentiel global. 

La décision de ramener le dossier à la Ville après avoir flirté avec l’idée d’en faire un projet d’arrondissement, financé à même les budgets de recherche et discrétionnaires des élus de Chicoutimi, évitera de paver la voie à des incongruités. Parce qu’à toutes les fois qu’un arrondissement n’aurait pas obtenu l’appui des voisins, il aurait pu s’inspirer de cette idée tordue.

Cela aurait augmenté la méfiance au sein du conseil, d’autant plus qu’il existe un non-dit dans cette affaire ; même après 16 ans de fusion, personne n’a déterminé où se trouve le centre-ville, question de ménager les susceptibilités et à dessein politique. Si le cœur de Chicoutimi n’est pas le centre-ville de Saguenay aux yeux de plusieurs, il n’en demeure pas moins qu’il contient des attraits certains et des incontournables. Mais comme dans cette ville reconstituée, le développement se fait souvent en opposant un secteur à l’autre, toute vérité n’est pas bonne à dire...

Convenu ou non, le centre-ville de Chicoutimi souffre d’un manque de planification. Le dossier du CLSC et de son stationnement à étages, le terrain vacant dans un endroit stratégique et l’autre autogare qui demande investissements par-dessus investissement ont besoin de solution.

Tout aussi crucial pour le leadership de la mairesse : les changements imposés à Promotion Saguenay et la sortie de Me Pierre Mazurette, président du conseil d’administration de Diffusion Saguenay. Les plus pressés auraient voulu que Mme Néron fasse plus vite, et ce, dès novembre, mais le temps lui donne raison. Les choses se mettent en place sans heurts et sans bataille, ce qui est appréciable après un début de mandat marqué par les sorties, avec fracas, de Ghislain Harvey et Me Louis Coulombe.

Maintenant, le contexte est propice aux changements promis : des administrateurs nommés en fonction de critères objectifs, en provenance de différents milieux, susceptibles d’apporter des visions différentes et, souhaitons-le, complémentaires. Pourvu que la diversité des candidats ne complique pas le fonctionnement de Promotion Saguenay, qui doit être un agent accélérateur du développement.

Concernant la décision de Me Mazurette, elle va permettre au conseil de mettre ses empreintes et de définir, s’il le veut, de nouveaux contours. Le président sortant a lié son sort à celui du directeur général de Diffusion Saguenay, Claude Simard, un fonctionnaire de carrière, qui a été un artisan important dans La Fabuleuse histoire d’un Royaume. M. Simard a choisi de prendre sa retraite.

Ce n’est qu’une manche dans la vie d’une mairesse, mais elle se termine plutôt bien !