Le Centre Georges-Vézina de Chicoutimi.

Un amphithéâtre digne de Chicoutimi

ÉDITORIAL / La rénovation du Palace étant maintenant confirmée, l'heure est venue de se pencher sur le sort du Centre Georges-Vézina, un amphithéâtre d'une autre époque qui ne reflète plus le caractère distinct d'une capitale régionale. On a évoqué une réfection majeure de l'infrastructure, estimée à 25 millions de dollars, mais pourquoi ne pas considérer plutôt la construction d'un nouveau bâtiment, un édifice au goût du jour, conçu tant pour le hockey et les spectacles d'envergure ?
Selon différentes personnes consultées, un nouvel amphithéâtre pouvant accueillir entre 4000 et 4500 personnes serait réalisable pour une quarantaine de millions de dollars. Avec l'aide des deux paliers de gouvernements supérieurs, Saguenay serait aisément en mesure d'attacher un tel financement. Et disons-le, Chicoutimi a été bien peu choyée depuis la fusion de 2001, comparativement à ses arrondissements voisins de Jonquière et de La Baie.
Un tel projet impliquerait certes une profonde réflexion quant à la vocation du Centre Georges-Vézina et, conséquemment, sur la pertinence d'une glace de dimension olympique. L'aménagement d'une grande glace à l'intérieur du Pavillon de l'agriculture serait-il un compromis acceptable pour assurer le développement de nos athlètes en patinage de vitesse ?
Une chose est certaine, les amateurs de hockey et les membres de l'organisation des Saguenéens de Chicoutimi accueilleraient avec enthousiasme le retour à une surface de jeu réglementaire, qui nécessiterait moins d'adaptation et qui rehausserait la qualité du spectacle.
Selon plusieurs, mis à part une ou deux exceptions, les arénas du Québec font bien piètre figure lorsqu'on les compare à ceux de l'Ontario. À Gatineau, un projet de près de 60 millions de dollars est sur le point d'être mis en branle. À lui seul, le gouvernement du Québec a confirmé sa participation financière à hauteur de 26,5 millions. Il n'y a pas lieu de croire que l'État serait moins enclin à s'impliquer dans une démarche de même nature, mais plus modeste, à Chicoutimi.
Du neuf avec du vieux
On dit qu'une fois revampé, le Centre Georges-Vézina aura un aspect plus moderne, des loges corporatives adaptées aux besoins actuels et des espaces plus adéquats pour les utilisateurs. Mais, tel que le suggère le dicton populaire, on ne fait pas du neuf avec du vieux. Le système de refroidissement devra être remplacé un jour ou l'autre ; le réseau souterrain et les tuyauteries actuelles devront eux aussi être entretenus ; le système électrique, les commodités, les bancs... Et le toit, peut-il soutenir les ponts d'éclairage et les équipements de sonorisation modernes ? Bref, l'ossature du Centre Georges-Vézina est-elle en mesure d'affronter les prochaines décennies ?
Au milieu des années 2000, Saguenay avait l'occasion de choisir entre la construction d'une salle de spectacle au centre-ville de Chicoutimi et la mise à niveau de l'Auditorium Dufour, devenue Théâtre Banque Nationale. Pour des raisons d'économies, a-t-il toujours prétendu, le maire Jean Tremblay a finalement tranché en faveur de la rénovation de l'amphithéâtre déjà en place. Le projet évalué à 9 millions de dollars en a finalement coûté quelque 15 millions aux contribuables. Avec le recul, n'aurait-il pas été préférable de miser sur une bâtisse neuve, située au coeur de la capitale régionale, dans un secteur qui cherche à se redynamiser, plutôt que de concentrer tous les efforts - et les millions - sur un auditorium de collège ? Il faut savoir s'inspirer des erreurs du passé afin de ne pas les répéter.
La réflexion concernant l'avenir du Centre Georges-Vézina ne peut se limiter aux considérations pécuniaires ; elle doit s'articuler autour d'une vision à long terme et d'un désir de doter Chicoutimi d'un symbole de fierté, à la hauteur de ses ambitions