François Tremblay

Tout un changement!

ÉDITORIAL / Le changement promis par le nouveau premier ministre François Legault lors des 39 jours de la campagne électorale officielle prendra quelle forme au Saguenay-Lac-Saint-Jean ? Parce qu’au-delà du mot (le changement), la CAQ n’a pas présenté de programme de développement pour les régions du Québec et encore moins une plateforme adaptée aux besoins du Royaume.

Bien sûr que la situation requiert un peu de patience parce que le nouveau gouvernement a droit à une période de grâce. Il lui faudra du temps pour former son équipe ministérielle qui sera forcément composée de beaucoup de nouveaux venus en politique. 

M. Legault peut compter sur trois députés au Saguenay-Lac-Saint-Jean parmi lesquels seul François Tremblay a une expérience de la politique, ayant été conseiller municipal de Saguenay pendant quatre ans. Andrée Laforest, Chicoutimi, et Éric Girard, Lac-Saint-Jean, entrent aussi dans l’histoire. Ministres ou non, la région sera bien représentée au sein de la Coalition avenir Québec et il appartiendra aux nouveaux élus de défendre ses revendications. Des attentes qui sont très élevées compte tenu de l’état de la situation. Le développement de la région est hypothéqué par une démographie négative et un vieillissement de la population, deux raisons qui expliquent la pénurie de main-d’œuvre et le bas taux de chômage.

C’est dans ce contexte que la CAQ prend le pouvoir. Il y a des solutions qui peuvent être apportées à court terme pour résoudre, par exemple, les problèmes de main-d’œuvre. Il sera intéressant de voir comment M. Legault répondra à cette urgence, lui, qui a promis d’être plus sélectif aux frontières du Québec. Comment trouvera-t-il l’équilibre entre l’atteinte de son objectif (moins d’immigrants) et les besoins criants de la région ?

La CAQ, comme le Parti libéral et le Parti québécois, s’est aussi montrée ouverte à déménager dans les régions du Québec des fonctionnaires, ce qui peut, en effet, avoir un impact positif à certains égards. Mais pour que le jeu en vaille la chandelle, ça va prendre plus que quelques centaines d’employés de l’État qui s’installent dans la région. En tout cas, il s’agit d’une belle occasion de faire revenir, sur une base volontaire, des Saguenéens et des Jeannois exilés.

Encore plus important que la déconcentration, il y a la décentralisation. La région a besoin de retrouver certains leviers disparus sous le règne libéral afin de s’approprier son destin et de gérer de façon plus efficace les budgets dévolus au développement régional, qui touchent autant la recherche que la formation et la diversification.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, bien que les ressources naturelles pèsent toujours très lourd dans le développement de l’économie, il y a une grande soif de voir poindre une politique nationale du numérique qui porterait en elle un préjugé favorable aux régions.

Ressources naturelles

Mais en attendant, à court terme, ce sont les projets liés aux ressources naturelles qui peuvent sauver la mise pourvu qu’ils traversent, avec succès, les étapes d’évaluation environnementale. Ils sont nombreux : les expansions de Rio Tinto à Alma et Arvida, Métaux BlackRock, qui avancent à grands pas, Arianne Phosphate, qui est contestée en raison de l’aménagement d’une nouvelle desserte sur la rive nord du Saguenay, et GNL Québec, toujours actif pour implanter un terminal de liquéfaction de gaz naturel à Grande-Anse. Sans compter que les choses semblent mieux aller pour Résolu qui finalise cette semaine des travaux de 52 millions $ à son usine de pâte à Saint-Félicien.

Qui dit ressources naturelles dit aussi fragilité. Les marchés mondiaux sont capricieux et la compétition, vive. Par surcroît, notre voisin américain n’a pas levé les tarifs imposés sur les produits du bois et de l’aluminium du Canada en plus d’avoir ébranlé le système de la gestion de l’offre qui stabilisait le marché de produits agricoles au Canada.

La CAQ en aura plein les bras, mais après tout, c’est elle qui a promis du changement !