Pour assurer sa pérennité à long terme et pour repartir sur des bases solides, il apparaît nécessaire, à la lumière des derniers rebondissements, que le Festival forestier de Shipshaw fasse relâche cette année.

Shipshaw: le temps de réfléchir

Pour assurer sa pérennité à long terme et pour repartir sur des bases solides, il apparaît nécessaire, à la lumière des derniers rebondissements, que le Festival forestier de Shipshaw fasse relâche cette année.
Dans le contexte actuel, il est en effet de plus en plus utopique de croire qu'il sera possible d'organiser un événement de qualité et à la hauteur des attentes du public, des citoyens de Saguenay et des compétiteurs à cinq mois d'avis. Même si la capitale régionale mettait tout son poids et toutes ses ressources dans la balance, ce qui n'est du reste pas souhaitable dans le contexte actuel encore trop nébuleux, le festival ne serait au mieux qu'un demi-succès.
L'organisation a trop de retard sur le calendrier, la recherche de commanditaires majeurs risque de poser des problèmes, tout comme celle des participants. Dans ce contexte, il est plus sage de prendre du recul, de chercher à régler durablement les problèmes qui affligent le festival et de préparer une édition 2015 haute en couleur, efficace et de qualité afin de marquer dignement le nouveau départ de l'événement.
Stratégie
Mais, pour que ce réel nouveau départ soit possible, il faut, d'une part que les chiffres et que les bilans officiels certifiés et vérifiés du Festival forestier de Shipshaw soient rendus publics. À l'heure actuelle, selon les informations qui circulent et qui proviennent d'une partie seulement des membres du conseil d'administration, le festival est dans le rouge de 100 000$. Mais rien n'a été officiellement confirmé quant à la teneur des créanciers, élément pourtant essentiel à la juste compréhension de la situation dans laquelle il est enfoncé.
Une fois ce portrait tracé, on pourra ensuite établir une stratégie efficace et cohérente afin de relancer l'événement. Cela passe-t-il par une faillite? Par une dissolution d'une autre nature? Y a-t-il moyen de récupérer des éléments du fouillis actuel? Quel rôle peut et doit jouer Saguenay dans la relance du Festival forestier? C'est à voir à tête reposée.
Une possibilité, à cet égard, serait que Saguenay prête ou délègue une personne ressource auprès du festival afin de faciliter la réflexion et puisse collaborer à sa relance. Ce serait déjà un bon pas dans la bonne direction.
Ce qui apparaît certain, également, c'est qu'il est nécessaire de mandater une nouvelle équipe d'administrateurs pour reprendre le contrôle de la situation, faire le ménage et établir une stratégie d'avenir. Cela demandera du temps, du doigté et de la réflexion. Il faudra trouver la bonne personne pour jouer le rôle central de cette démarche, qu'elle provienne de Shipshaw ou d'ailleurs à Saguenay, voire de la région. On comprend donc pourquoi il est inutile, dans ce contexte, de chercher à tout prix à tenir une édition 2014 qui risquerait, à long terme, d'être un remède pire que le mal quant à l'avenir et à la réputation de l'événement.
Évidemment, au cours de cette réflexion, on pourrait conclure que le Festival forestier de Shipshaw n'a plus sa raison d'être. Mais il faudra alors prendre en considération l'opinion du milieu avant de débrancher une activité importante pour la collectivité.
À l'heure actuelle, et en dépit de la tourmente, il apparaît cependant justifié et légitime de mettre les efforts requis afin d'assurer la relance de l'événement. Au fil des ans, l'activité a su se tailler une niche, attirant de bonnes foules et des compétiteurs de renom. Le volet d'hommes forts greffé au festival apparaissait prometteur. Sur le plan artistique, l'événement a accueilli des artistes réputés, explorant le registre country, très populaire au Québec. Avec la présence d'une importante clientèle de villégiateurs au Domaine de la Florida, dans le village voisin de Saint-Ambroise, et la construction de nouveaux locaux permanents à Shipshaw, le Festival forestier était en train d'atteindre un erre d'aller, une maturité intéressante. Pour les bénévoles, les citoyens et les amateurs, la situation actuelle est éminemment dommage. Il serait d'autant plus triste que l'événement meure en raison du contexte que l'on connaît, alors pourtant que le festival avait le vent dans les voiles. Mais, avant toute chose, il convient de prendre le temps de voir clair dans la situation avant de poser quelque geste que ce soit.