Les ours polaires contribuent à faire du Zoo sauvage de Saint-Félicien une valeur sûre pour le tourisme dans la région.

Se développer autour du Zoo

ÉDITORIAL / S'il est un projet structurant autour duquel toute la région doit s'unir, c'est bien celui du Zoo sauvage de Saint-Félicien, une vitrine exceptionnelle pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais également un produit d'appel sans égal pour clientèle touristique internationale.
Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, rares sont ceux et celles qui n'ont jamais franchi les tourniquets de l'établissement et emprunté le sentier de la nature, où le spectateur est plongé dans l'habitat naturel des animaux de la boréalie. Depuis la dernière saison estivale, l'activité Anima Lumina est venue bonifier l'expérience au Zoo, s'inscrivant tel le premier jalon d'un vaste plan de développement de 32,5 millions de dollars.
Déjà, le premier ministre Philippe Couillard a confirmé une aide gouvernementale de 26 millions, faisant fi des critiques provenant de l'extérieur et des accusations de favoritisme dont il a été l'objet. Lundi, alors qu'on procédait au lancement de la campagne de levée de fonds, c'est l'ensemble du milieu socioéconomique de la région qui a applaudi, une autre fois, l'audace dont a fait preuve le chef libéral. Car, s'objecter à une mise à niveau des infrastructures du Zoo sauvage de Saint-Félicien revient à dire que le Saguenay-Lac-Saint-Jean ne mérite pas une attraction majeure, digne de l'intérêt des voyageurs provenant de partout sur la planète ; une clientèle extrêmement sélective, avide de nouveautés et d'inédit. À défaut d'être en mesure d'offrir au touriste ce qu'il désire, voire davantage, un produit d'appel est rapidement écarté des circuits touristiques.
L'engouement suscité par la participation gouvernementale et l'ajout d'Anima Lumina, d'une pouponnière et d'une mini-clinique vétérinaire ont permis au Zoo de Saint-Félicien d'attirer près de 207 000 visiteurs en 2016, une augmentation d'achalandage de quelque 28 % par rapport à l'année précédente. Conséquemment à cette manne, l'établissement a enregistré un bénéfice après amortissement de 770 000 $ l'an passé.
Certes, la région a répondu massivement à la nouvelle offre du Jardin zoologique, particulièrement la population de Saguenay et de Lac-Saint-Jean-Est, dont l'achalandage a grimpé de 49,4 % et de 52,4 % respectivement. Mais, c'est surtout l'intérêt grandissant de la clientèle chinoise qui permet d'envisager un avenir florissant pour le Zoo de Saint-Félicien. Les dirigeants ont en effet répertorié 31 240 ouvertures de sessions provenant de la Chine sur leur portail Internet, soit presque l'équivalent de la France, avec 31 939.
Le défi de la rétention
Le Zoo sauvage de Saint-Félicien est une vitrine de choix pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, et les investissements qui seront réalisés au cours des prochaines années consolideront sa position de leader de notre industrie touristique.
Par contre, le grand défi à relever en ce moment est celui de la rétention des touristes, afin que ceux-ci séjournent plus qu'une ou deux journées dans le Royaume. Présentement, plusieurs visiteurs débarquent à Saint-Félicien dans le cadre d'excursions aux quatre coins du Québec. Sitôt sortis de l'établissement, ils quittent vers d'autres territoires. Comment convaincre ceux qui organisent ces périples qu'il est possible de découvrir le Canada, ses attraits et sa culture sans nécessairement parcourir des milliers de kilomètres ? Comment leur vendre le Saguenay-Lac-Saint-Jean tel un tout, un Royaume, un endroit où il est impensable de ne rester qu'une seule nuit ?
Avec son village portuaire à La Baie, sa vie urbaine et ses festivals, son histoire industrielle, son lac, ses restaurants, sa culture innue, sa caverne à Desbiens et son ermitage à Lac-Bouchette, son camp musical et ses musées, la région possède plus d'atouts qu'il n'en faut pour se définir telle une destination globale de vacances, hiver comme été.
Le Zoo sauvage de Saint-Félicien doit maintenant assurer un rôle de locomotive, un mandat qui non seulement lui revient en tant que principale attraction touristique de la région, mais également parce que l'institution a démontré sa capacité à se réinventer et à rayonner même au-delà des frontières du pays.