La collecte des déchets et la gestion des matières résiduelles représentent, avec l'entretien des rues et des infrastructures d'aqueduc et d'égouts, le principal service essentiel que doit dispenser une municipalité.

Saguenay: le défi des déchets

La ville de Saguenay et les élus de la MRC du Fjord, leur partenaire dans ce dossier, évaluent toujours leurs options concernant l'enfouissement des déchets au-delà de la fermeture prévue du site qu'ils utilisent présentement sur le boulevard Talbot, en 2017. Or, le temps commence à presser et il ne sera bientôt plus possible de retarder le moment de prendre une décision finale et de passer à l'action sur le terrain.
Service essentiel
La collecte des déchets et la gestion des matières résiduelles représentent, avec l'entretien des rues et des infrastructures d'aqueduc et d'égouts, le principal service essentiel que doit dispenser une municipalité. Il suffit d'oublier de «rouler» son bac de recyclage ou son bac de poubelles sur le bord de la rue une fois de trop pour constater à quel point les rebuts et les matières recyclables peuvent devenir de réels problèmes en matière de santé publique et d'hygiène... surtout l'été!
Or, avec le resserrement des normes environnementales et des critères qui encadrent la collecte des ordures et la gestion des matières résiduelles, et avec les nouvelles obligations engendrées par la récupération des matières compostables, une activité à laquelle Saguenay devra bientôt s'adonner de gré ou de force, il est de plus en plus complexe pour une ville de gérer ces obligations. On ne peut plus improviser ni couper les «coins ronds», pour reprendre l'expression consacrée.
À cet égard, le long chemin parcouru par la Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean dans le cadre de l'élaboration de son projet de site d'enfouissement à Hébertville-Station, constitue un éloquent exemple. Il y a beaucoup d'exigences à remplir et d'autorisations à obtenir...
À l'époque, d'ailleurs, Saguenay et la MRC du Fjord ont manqué l'occasion de s'allier avec l'organisme jeannois pour trouver une solution unique, globale et durable à l'épineuse question de la gestion des déchets pour l'ensemble du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
À l'heure actuelle, heureusement, Saguenay ne part pas à zéro. Des discussions ont été entreprises avec la firme Matrec, qui dispose d'un site à Larouche qui pourrait recevoir les déchets de la capitale régionale et des localités de la MRC du Fjord. Cependant, à cet endroit, une nouvelle voie d'accès devrait être construite.
Des pourparlers sont aussi en cours, de longue date, avec l'entreprise Gazon Savard, intéressée à traiter les matières putrescibles, notamment afin d'en faire de l'engrais.
Ces avenues sont prometteuses, mais il n'empêche que Saguenay n'a plus le luxe d'avoir beaucoup de temps pour réfléchir, analyser et prendre des décisions finales concernant le sort de ses déchets.
Habitudes
Au cours des dernières années, et non sans raison, le maire Jean Tremblay a effectué plusieurs démarches afin de trouver des solutions novatrices et différentes pour traiter les matières résiduelles et valoriser les déchets. Cela n'a pas porté les fruits escomptés. Il convient donc de prendre acte de la situation et de l'urgence d'agir qui pointe de plus en plus nettement à l'horizon.
D'ailleurs, on peut aujourd'hui affirmer sans trop se tromper que l'immense majorité des citoyens de Saguenay a adopté l'usage des bacs bleus et que la plupart sont également prêts à se lancer dans le compostage et dans la collecte des matières putrescibles.
À cet égard, Saguenay a un certain retard à combler sur les grandes villes québécoises comparables où les bacs bruns font partie du paysage urbain, et des habitudes des citoyens, depuis déjà de nombreuses années.
C'est à la capitale régionale d'emboîter le pas en se dotant d'une vision digne du 21e siècle.