Retour sur 2018

ÉDITORIAL / Alors que 2018 s’achève, il est à propos de revenir sur l’actualité des douze derniers mois afin de mieux anticiper ce qui nous attend au cours de la prochaine année. Échiquier politique complètement bouleversé, éclosion de grands projets et première année de l’ère Néron à Saguenay, 2018 a été fertile en actualité de toutes sortes.

Économie

S’il y a une chose à retenir sur le plan économique, c’est l’avancement considérable de projets industriels qui auront, sans doute, un effet de levier sur le développement du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Certes, la forêt et l’aluminium demeureront les principaux moteurs de l’économie locale, mais les efforts déployés afin de diversifier nos activités commencent à porter leurs fruits. Il y a les projets miniers d’Arianne Phosphate et de Métaux BlackRock qui cheminent très rapidement, et le gazoduc et l’usine de liquéfaction du gaz naturel à Grande-Anse qui prennent forme. Chez Rio Tinto, le projet Vaudreuil 2022 bat son plein, pour un investissement qui, à terme, totalisera 250 millions $, selon la direction. C’est enfin en 2018 que l’improbable partenariat entre Rio Tinto, Alcoa et Apple a mené à la création d’Elysis, une société qui produira, ici, des anodes inertes qui ne dégageront aucune émanation de gaz à effet de serre.

En 2019, chacun de ces grands projets se définira davantage. Il est également probable – et souhaitable – que l’implantation d’Ubisoft à Saguenay fasse des petits et qu’elle engendre une grappe spécialisée dans les nouvelles technologies.

Politique provinciale

La plus grande surprise de cette année 2018 est sans contredit l’effondrement de la forteresse péquiste lors de l’élection générale d’octobre dernier. Hormis la circonscription de Jonquière, qui a réélu Sylvain Gaudreault, toute la région est désormais « bleu CAQ », pour reprendre l’expression du premier ministre François Legault, le soir où Nancy Guillemette l’a emporté dans Roberval, succédant ainsi à l’ex-premier ministre Philippe Couillard. Les péquistes comme les libéraux ont été victimes d’une soif de changement de la population, d’un rejet catégorique des vieux partis. La vague caquiste était puissante, mais jusqu’à la dernière minute, les militants souverainistes ont cru qu’ils conserveraient deux ou trois sièges dans le Royaume. Et pour eux, la gueule de bois est loin d’être terminée avec tout le travail de reconstruction qui les attend. Il sera intéressant de suivre l’évolution de ce dossier, dans un environnement caquiste que la population commence à apprivoiser.

Politique fédérale

La démission inattendue du député Denis Lemieux, en 2017, a provoqué une partielle dans Chicoutimi–Le Fjord cette année. De cet événement, le principal élément à retenir est l’abandon pur et simple de la circonscription par le gouvernement Trudeau. Plutôt que de cueillir un fruit mûr dans les semaines suivant le départ de Denis Lemieux, il a laissé la pomme tomber sur le sol et pourrir. Pendant ce temps, les conservateurs ont recruté un candidat vedette, Richard Martel. Le reste fait partie de l’histoire : ce dernier a été élu de façon décisive au terme d’une campagne qu’il a menée de main de maître.

Pour le député Martel comme pour ses homologues de Jonquière et de Lac-Saint-Jean, la néo-démocrate Karine Trudel et le libéral Richard Hébert, 2019 sera une année d’élections générales. Seront-ils tous reconduits à la Chambre des Communes ? Ne gagez pas votre maison là-dessus, avant de voir dans quelle mesure le chef néo-démocrate Jagmeet Singh sera capable de redresser son navire d’ici l’appel aux urnes.

L’ère Néron

Finalement, à Saguenay, Josée Néron a dû composer avec un conseil divisé et une situation économique épouvantable, gracieuseté de son prédécesseur. Cela dit, elle doit maintenant faire preuve de leadership et mieux se définir comme mairesse. Elle a d’ailleurs bien fait lors de l’annonce de son plus récent budget, malgré une deuxième hausse importante du compte de taxes. La consultation publique qu’elle promet en début d’année, concernant son projet d’amphithéâtre au centre-ville de Chicoutimi, sera déterminante quant à l’avenir politique de Josée Néron. Un rejet massif de la population saguenéenne serait pour elle un échec lourd de conséquences. À l’inverse, si elle obtient gain de cause, il s’agira d’une victoire inespérée, susceptible de la propulser vers le haut jusqu’à la prochaine élection.