Qui embarquera avec les étudiants ?

Les étudiants de l’UQAC peuvent être fiers ce matin. En se prononçant en faveur du projet Accès Libre lors d’un référendum, ils ont non seulement confirmé leur adhésion aux grands principes du développement durable, mais ils ont également défriché un sentier que plusieurs autres organisations devraient emprunter au cours des prochaines années.

Ces mêmes étudiants qui ont mis le Québec sens dessus dessous en 2012 lors du printemps érable, afin de s’opposer à une augmentation des frais de scolarité, ont accepté de débourser 40 dollars de plus par session pour appuyer la mise en place d’un système de transport collectif actuel et intelligemment élaboré. 

Pourquoi ? D’abord parce que cette fois-ci, ils ont été consultés avec tout le respect qu’ils méritent. Mais leur engouement s’explique surtout par la pertinence indiscutable de ce projet. 

Le système de transport collectif à Saguenay est obsolète et conséquemment, peu utilisé. Le projet Accès Libre permettra à la STS de se redéfinir ; de s’ancrer en plein cœur de Chicoutimi et de desservir plus efficacement ce secteur névralgique, qui regroupe notamment l’UQAC, le Cégep de Chicoutimi, l’hôpital, les centres commerciaux, le Centre Georges-Vézina, une multitude de commerces ainsi que de nombreuses places d’affaires. 

Il va sans dire que l’appui des étudiants était nécessaire pour l’implantation, sur le campus de l’UQAC, d’une station intermodale avec accès à des vélos et à des voitures électriques en autopartage. 

Un premier pas dans la bonne direction 

Par contre, le résultat de ce référendum n’est qu’un premier pas vers un transport collectif qui aspire à se moderniser. À eux seuls, les étudiants ne pourront justifier les quelque 7 millions de dollars investis dans la démarche. Il faudra un effort concerté.

Par exemple, le Cégep de Chicoutimi devra lui aussi s’impliquer afin de faire de cette initiative un succès. 

Il en est de même pour le CIUSSS, qui aurait tout avantage à encourager ses employés à utiliser le transport en commun, surtout avec l’agrandissement annoncé du bloc opératoire à l’hôpital de Chicoutimi. 

Un réseau digne de Saguenay

Plus de 12 000 personnes travaillent quotidiennement dans le périmètre visé par le projet Accès Libre. On estime par ailleurs à 60 000 le nombre de véhicules qui empruntent chaque jour le boulevard Talbot. Est-il utopique d’espérer une diminution de l’achalandage avec la mise en place d’une navette, qui récupèrera les passagers aux dix ou quinze minutes sur le principal axe routier de la région ? 

Il y a aussi le secteur du Centre Georges-Vézina. Est-il possible que la construction d’un nouvel amphithéâtre ou la réfection du bâtiment actuel puisse générer un trafic plus important et des problèmes de stationnement accrus ? Le contraire serait étonnant. 

Une ville de l’envergure de Saguenay mérite un système de transport en commun adapté à notre époque. 

Mais il appartient à tous de faire en sorte qu’un tel circuit s’épanouisse. Même la STS devra revoir sa tarification afin que les personnes âgées et les plus démunis puissent, eux aussi, bénéficier du service.

Les étudiants de l’UQAC ont accepté massivement d’investir 80 $ par année pour prendre part à cette évolution. Au tour des autres, maintenant, de prendre leur billet et de monter à bord, au bénéfice d’un projet collectif de mobilité durable, accessible à tous.