Josée Néron, mairesse de Saguenay

Pouvoir et responsabilités

ÉDITORIAL / Mardi soir, la mairesse Josée Néron a redonné aux contribuables un appareil décisionnel plus démocratique, qui ne sera pas contrôlé uniquement par un souverain et ses plus fidèles serviteurs. Elle a également aboli l’allocation de transition réservée au maire sortant, un avantage pécuniaire que s’était accordé Jean Tremblay avant de quitter ses fonctions. Mais avant tout, mardi soir, Josée Néron s’est récompensée elle-même, après quatre années de vains combats contre l’obscurantisme à l’hôtel de ville.

Le conseil exécutif de Saguenay était, jusqu’ici, la structure au-dessus de toutes les autres. C’était l’endroit où les surplus de règlements d’emprunts pouvaient être accumulés et dépensés selon la volonté de quelques élus privilégiés. C’était le chef-lieu de la Ville, où les vraies orientations étaient définies et décrétées. C’était aussi là que l’on engageait Saguenay dans des démarches juridiques aussi questionnables que la croisade pour la prière à l’hôtel de ville, le procès contre BTF ou celui contre le producteur de spectacles Robert Hakim.

Josée Néron, comme l’ex-conseillère Christine Boivin et l’actuelle présidente de l’arrondissement de Jonquière, Julie Dufour, ont plusieurs fois dénoncé la concentration du pouvoir au sein de cet exécutif. Elles ont réclamé plus de transparence et une voix plus significative pour l’ensemble des conseillers, notamment dans le dossier du vérificateur général.

Enfin, elles peuvent crier victoire, et les citoyens également.

Sans doute, la transition sera difficile et donnera lieu à des débats qui, parfois, ralentiront le bon cheminement de certains projets. Il y aura aussi beaucoup de vulgarisation à faire, de l’éducation auprès d’élus dans certains dossiers plus complexes. Tous devront s’armer de patience et, par moments, mettre un peu d’eau dans leur vin.

Les élus de Saguenay ont été choisis par leurs concitoyens respectifs dans le cadre d’un scrutin. Aussi est-il absolument nécessaire qu’ils prennent part au processus décisionnel de l’appareil municipal, le palier de gouvernement le plus près des gens.

Par contre, tous devront s’élever au-dessus de leurs intérêts personnels, des divisions et des guerres de clocher afin de s’acquitter de leur mandat de gestionnaires publics.

Une confiance remarquable
Mardi soir, Josée Néron a exprimé une confiance remarquable à l’égard de tous ceux qui l’entourent à la table du conseil : elle leur a redonné un pouvoir légitime, certes, mais qui leur avait été dépouillé il y a déjà fort longtemps. Rien ne l’obligeait à agir en ce sens, sinon ses convictions.

Elle aurait pu emprunter la voie de la facilité et utiliser à son profit ce système qu’elle condamnait à l’époque. Or, elle est demeurée fidèle à ses engagements de campagne et a continué à déboulonner, un morceau à la fois, les statues de l’ancienne administration.

Il appartient maintenant aux conseillers et aux conseillères de Saguenay de se montrer dignes de cette reconnaissance.

Il n’y a plus de parti à l’hôtel de ville, la population en a décidé ainsi. L’Équipe du renouveau démocratique, présidée par la mairesse, est minoritaire avec à peine trois conseillers contre une douzaine d’élus indépendants. Aujourd’hui, plus que jamais au cours des deux dernières décennies, chaque membre du conseil a entre les mains un fragment du pouvoir et les responsabilités qui s’y rattachent.

C’est par leur façon d’user de ce pouvoir qu’ils détermineront leur véritable valeur et qu’ils prouveront, ensemble, que la démocratie et la transparence ont toujours eu leur place à Saguenay.