Marc St-Hilaire
Le Quotidien
Marc St-Hilaire

Place aux femmes en politique

ÉDITORIAL / Preuve que malgré la pandémie, le temps poursuit son cours, nous parlons déjà des prochaines élections municipales au Saguenay–Lac-Saint-Jean. À Saguenay, la mairesse Josée Néron a confirmé cette semaine son intention de briguer à nouveau les suffrages et à Alma, la conseillère Sylvie Beaumont s’est elle aussi installée sur la ligne de départ. Certes, nous sommes à plus d’un an du scrutin, prévu le 7 novembre 2021. Il y aura d’autres candidats en lice dans l’une et l’autre des deux principales villes de la région. Mais ce qui frappe l’imaginaire, c’est que ce soit deux femmes qui aient abattu leurs cartes en premier. Est-ce symptomatique d’une tendance longtemps espérée dans le monde politique ? Seront-elles enfin plus nombreuses à se lancer en politique active ?

Selon les chiffres publiés par l’Union des municipalités du Québec (UMQ), au terme des élections municipales de 2017, la proportion des femmes élues au palier municipal était de 32,3 %. On dénombrait alors 205 mairesses et 2358 conseillères à l’échelle provinciale. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, ce sont huit femmes qui ont reçu les clés de leur hôtel de ville respectif.

Malgré un bond de 2,4 points de pourcentage par rapport au scrutin de 2013, la représentativité féminine est encore trop faible pour clamer la parité en matière de gouvernance municipale. Or, avec les efforts de sensibilisation déployés au cours des dernières années afin de valoriser l’implication des femmes en politique, il est permis de croire qu’encore une fois, notre société fera un pas en avant en 2021.

Collectivement, il ne faut ménager aucun effort pour convaincre un plus grand nombre de femmes de s’investir dans l’administration publique, comme mairesses et conseillères, mais également comme députées. Et pour cela, il est crucial d’éliminer les barrières susceptibles de ralentir notre marche vers l’égalité. C’est d’ailleurs ce qu’a fait l’Assemblée nationale, en juin dernier, lorsque les élus ont adopté à l’unanimité une motion présentée par la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon, selon laquelle les députées et ministres ont droit à un congé parental, qu’ils soient hommes ou femmes. Il était temps que les parlementaires règlent cette anomalie, laquelle pénalisait celles qui souhaitaient à la fois s’investir en politique et fonder une famille.

L’initiative de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui a amorcé une réflexion sur la communication épicène dans la fonction publique, s’inscrit dans ce même courant. Il y a aussi la toponymie dans nos villes qui mérite d’être revue afin de donner aux femmes qui ont marqué notre histoire une reconnaissance équivalente à celle de leurs homologues masculins.

Il n’y a aucun doute que ce remue-méninges n’aurait pas été possible sans une présence accrue des femmes au sein de nos instances. C’est pourquoi il faut plus de Catherine Morissette dans nos villages ; plus de Julie Dufour et de Brigitte Bergeron à Saguenay ; de Véronique Fortin et d’Audrey Villeneuve à Alma ; de Suzanne Ouellet à Saint-Félicien ; de Marie-Ève Fontaine et de Guylaine Martel à Dolbeau-Mistassini ; de Marie-Ève Lebel, de Claudie Laroche et de Nicole Bilodeau à Roberval. Il en faut plus, de ces femmes qui contribuent à notre essor collectif.

Oui, nous avons fait un bon bout de chemin depuis le 13 mai 1953, date à laquelle une première femme était élue mairesse au Québec, à Portage-du-Fort. Mais il reste encore bien du défrichage à faire avant que nos institutions deviennent le véritable reflet de notre société.

En attendant, il y a lieu de saluer celles qui ont le courage de se lancer dans la mêlée, comme l’ont fait Josée Néron et Sylvie Beaumont plus tôt cette semaine, et qui incitent, par leurs actions, d’autres femmes à se porter candidates. Car, bien qu’elles soient nécessaires, aucune campagne de sensibilisation et aucune conférence ne seront aussi efficaces que l’action de prêcher par l’exemple.