De moins en moins nébuleux quant à son avenir, il faut souhaiter ardemment que Pierre Karl Péladeau revienne en politique active.

PKP, un atout pour le PQ

ÉDITORIAL / De moins en moins nébuleux quant à son avenir, il faut souhaiter ardemment que Pierre Karl Péladeau revienne en politique active. L’approche du scrutin à l’automne représente une échéance réelle qui devrait l’encourager à se porter candidat pour le Parti québécois qu’il dirigeait lui-même jusqu’en mai 2016. L’administration publique au Québec doit faire une place aux entrepreneurs de sa trempe ; ils sont trop rares les gens d’affaires de son calibre à céder à l’appel de la vie publique en raison des nombreux sacrifices qu’elle comporte.

M. Péladeau peut lui-même parler avec expérience des nombreux stress qui ont marqué sa courte incursion en politique active. Certains lui ont fait porter une partie de la défaite électorale du PQ, le 7 avril 2014, parce que le Parti libéral du Québec a sauté sur son image, le poing levé, pour ramener à l’avant-plan la menace référendaire que le Parti québécois incarnait. Mais cette accusation était une attaque partisane intéressée. Ce serait ignorer d’autres causes de la défaite péquiste, comme la Charte de la laïcité qui avait secoué le Québec les six mois précédents, ou la relance des libéraux derrière le nouveau chef que représentait Philippe Couillard en 2014.

Il a passé une année comme simple député, puis une année comme chef du PQ, successeur de Pauline Marois. Puis il y a eu son départ dans des circonstances déchirantes, pour des raisons familiales ; son divorce de l’animatrice Julie Snyder aura marqué à la fois le carnet politique, économique et mondain de l’année 2016. 

Aujourd’hui, ces soucis semblent passablement apaisés, comme il en a témoigné au micro de l’animatrice Catherine Perrin, hier. En fait, il a levé tous les obstacles à un retour en politique.

À cette question lors d’une rencontre du PQ en septembre 2017, M. Péladeau s’était limité à un « Dieu seul le sait ». Hier, il a répété ces mots mais ses voeux en faveur d’un retour étaient nettement audibles. Et puis il y a tout son comportement dans les médias sociaux depuis plusieurs mois. Il y va de réguliers commentaires, d’attaques envers ses ex-adversaires à l’Assemblée nationale, toujours dans la lignée de pensée du Parti québécois.

Il donne en fait tous les signes d’un cheval qui trépigne d’impatience. 

Ces spéculations concernant les intentions de Pierre Karl Péladeau surviennent à un moment opportun pour le PQ. Il tient un caucus dès aujourd’hui et les députés péquistes n’accusent que de mauvaises nouvelles au plan des sondages. Encore hier, le plus récent coup de sonde, par la firme Mainstreet, témoigne d’un autre recul du PQ dans l’opinion publique. À 18 %, il chute sous la barre des 20 %, un plancher que l’on croyait solide pour le PQ. Pendant ce temps, le goût de changement des Québécois est nettement perceptible alors que la Coalition avenir Québec trône en avance tant à Montréal qu’à Québec et en région. Même les libéraux auront fort à faire pour conserver le pouvoir.

Bref, M. Péladeau améliorerait les espoirs d’un Parti québécois qui a vu plusieurs de ses vétérans annoncer leur départ, la semaine dernière. Celui qui lui a succédé à la barre du parti, Jean-François Lisée, le voit du même oeil. 

Enfin, il ne faut passer sous silence les conflits d’intérêts qui se dressaient comme un rideau d’ombre autour de lui. Son statut de magnat de la presse lui impose un fardeau supplémentaire de transparence et s’il revient, il devra mieux mettre ses actifs à l’abri d’influence. Cela lui impose de choisir entre vie privée et vie publique. S’il opte pour la seconde, il ne faut que se réjouir. Le débat politique au Québec a besoin de gens comme Pierre Karl Péladeau !