La mairesse Josée Néron et le nouveau directeur général de Promotion Saguenay, Denis Lemieux, ont effectué la tournée des médias, mercredi, pour permettre à l’ex-député de se présenter à la population.

Personne ne l’a vu venir

ÉDITORIAL / Au cours des dernières semaines, plusieurs noms ont été évoqués comme éventuel directeur de Promotion Saguenay. Des dirigeants d’entreprises aux politiciens actuels ou retraités, presque tout le milieu socioéconomique du Saguenay-Lac-Saint-Jean a fait l’objet de spéculations à un moment ou à un autre. Étrangement, le nom de Denis Lemieux n’a jamais été mentionné dans les rumeurs les plus sérieuses, et c’est pourtant lui qui sera à la tête de l’organisation. Personne ne l’a vu venir, comme on dit dans le jargon populaire. Ne s’est-il pas lui-même décrit tel un sous-marin ?

Ce n’est pas tant de le voir refaire surface qui surprend. Combien d’ex-politiciens réapparaissent spontanément dans l’actualité ? Non, ce qui étonne, c’est plutôt le rôle dans lequel il fait son retour sur scène. Quiconque a côtoyé Denis Lemieux sait qu’il n’est pas homme à se laisser marcher sur les pieds. Il aime décider, sans égard à ceux qui tentent de lui dicter sa conduite. Maintenant, la question qui se pose est celle-ci : sera-t-il en mesure d’adhérer à un modèle aussi encadré que celui de Promotion Saguenay, version 2.0 ? Car, rappelons-le, le poste a été revu en profondeur par l’administration Néron et dorénavant, le directeur devra se rapporter directement à l’hôtel de ville. Une réalité qui contraste dramatiquement avec celle qu’a vécue Ghislain Harvey, à qui le conseil exécutif avait cédé tous les pouvoirs.

Denis Lemieux devra apprendre à tourner sa langue sept fois avant de parler et respecter la hiérarchie municipale dans l’exercice de ses fonctions. Pour un président d’entreprises qui a fait des millions de dollars, ce rôle de subalterne, flexible et disponible pour les médias, nécessitera sans doute un effort d’adaptation.

Par contre, Denis Lemieux aura la chance de s’entourer de personnes en qui il a confiance pour s’acquitter de son mandat. Dans le tumulte de la réorganisation structurelle de Promotion Saguenay, plusieurs départs sont prévisibles dans des postes-clés de l’organigramme, dont ceux d’Arthur Gobeil, de Priscilla Nemey, de Marc-Olivier Fortin et de Claude Bouchard.

Pour l’administration municipale, Arthur Gobeil a terminé son mandat de directeur intérimaire. Il rencontrera son successeur et lui remettra les dossiers, certes, mais il n’existe aucune raison de croire qu’il le secondera pendant des mois.

Pour ce qui est de Priscilla Nemey, après avoir été écartée lors du processus de sélection, l’ancienne vice-présidente exécutive a certainement réalisé qu’elle n’a plus d’avenir au sein de Promotion Saguenay. Elle aurait d’ailleurs reçu des offres d’emploi, selon ce qui circule. Ou peut-être sera-t-elle candidate de la Coalition avenir Québec, qui sait ?

Quant à Marc-André Fortin, ce dernier occupait jusqu’ici les fonctions de délégué industriel. Âgé de 27 ans et titulaire d’une maîtrise, il a quitté le CN pour se joindre à l’équipe de Promotion Saguenay. Parmi ses pairs, on lui prédisait un avenir florissant. Toutefois, selon différentes sources, il aurait remis sa démission cette semaine.

Enfin, il y a fort à parier que le directeur du développement industriel, Claude Bouchard, tirera sa révérence dès qu’il en aura l’occasion. Son désir de porter les couleurs du Parti libéral lors de l’élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord témoigne d’un désir manifeste de changement. Il est par ailleurs intimement lié à l’ancienne garde, ce qui ne risque pas de lui attirer les bonnes grâces de la nouvelle administration.

Denis Lemieux doit profiter de l’occasion pour s’allier non pas des amis, qui exécuteront ses ordres sans mot dire, mais des directeurs compétents qui le supporteront et qui, surtout, auront une vision d’avenir pour Promotion Saguenay. Et il devra les écouter !

Le sort de Promotion Saguenay et de tous ses employés repose entre les mains du nouveau directeur général. Il reste à souhaiter que celui-ci en soit parfaitement conscient et qu’il ne quitte pas le navire avant la fin de son contrat, quelles que soient les épreuves auxquelles il fera face. Car un départ précipité, dans ces circonstances, pourrait devenir le dernier clou dans le cercueil de l’organisation, qui n’a jamais semblé aussi fragile.