Pêche blanche: un bon test

Saguenay passe donc de la parole aux actes. Les élus de la capitale régionale ont confirmé, jeudi dernier, leur intention de confier à un organisme mandataire le rôle de superviser et de gérer les activités de pêche blanche sur le Saguenay.
Techniquement, il s'agit là d'une bonne décision. Les associations de bénévoles qui se sont occupées des différents sites de pêche blanche au cours des dernières décennies, principalement à La Baie, ont fait du bon travail. Selon les propos du président de l'arrondissement baieriverain, le conseiller François Tremblay, ces organismes auront d'ailleurs encore un rôle à jouer sous l'égide de la nouvelle corporation de gestion.
Modernisation
Toutefois, il est en effet temps que la gestion et la mise en valeur de ce loisir soient hissées aux normes modernes et passent à un degré supérieur, notamment sur le plan de la mise en marché des activités, de la gestion et du suivi des stocks de poissons.
Déjà, Saguenay avait entrepris, au cours des dernières années, de s'impliquer davantage dans l'encadrement des sites de pêche blanche afin d'accroître la sécurité sur les glaces et de mieux baliser l'organisation physique des villages de cabanes. Les résultats ont été plutôt probants. Il est donc justifié de passer à l'étape supérieure.
Dans ce contexte, la composition du conseil d'administration qui sera nommé afin de gérer cette nouvelle entité sera absolument primordiale. Tout comme le sera le choix des mandats et des orientations qui seront confiés à ses administrateurs.
Il faudra impérativement que de "vrais" spécialistes de la question, des biologistes, des responsables des villages de pêche, des représentants du milieu touristique et de la communauté d'affaires concernée par ce loisir hivernal siègent au sein de cette instance. Celle-ci devra s'engager à rendre des comptes de manière régulière et en toute transparence. Sur ces aspects, l'organisme devra partir du bon pied et livrer rapidement la marchandise. Il n'y aura pas de place à l'erreur ou à la nébulosité. L'avantage de partir de zéro, c'est justement de pouvoir éviter la controverse dès le départ et de jeter des bases solides!
Mandats
Techniquement, il serait judicieux que la nouvelle entité de gestion soit chargée à la fois de mieux structurer et de mieux baliser l'organisation des villages de pêche et le suivi des fonds consacrés à cette activité, mais aussi de suivre plus attentivement, en collaboration notamment avec les spécialistes du fédéral, l'évolution des espèces et des stocks de poissons dans le fjord. De plus, il serait également judicieux que les administrateurs soient chargés de mettre en place de nouvelles activités destinées à générer davantage de retombées économiques. Sur le plan touristique, la pêche blanche sur le Saguenay pourrait sans doute gagner encore en visibilité et en notoriété.
Déjà, il apparaît que l'une des premières missions qui seront confiées à la corporation de gestion sera de s'entendre avec Ottawa concernant le statut de la pêche sur le Saguenay puisque les eaux du fjord sont de juridiction fédérale. Par la suite, si l'expérience s'avère concluante, on pourrait songer éventuellement à étendre le mandat de la corporation aux activités hivernales qui se déroulent sur le lac Kénogami.
Il demeure que le dévoilement de l'identité des premiers membres du conseil d'administration du nouvel organisme permettra de juger de la crédibilité et de la valeur de cette nouvelle instance. Ce sera en ce sens un test important pour les élus de Saguenay concernés par l'initiative.
Et, mine de rien, il faudra que le dossier avance rondement puisque la prochaine saison de pêche blanche battra son plein dans cinq mois à peine...