Josée Néron, mairesse de Saguenay

Nouvelle ère

ÉDITORIAL / Madame la mairesse ! La marche a été ardue et difficile, mais Josée Néron y est parvenue. Elle est entrée dans l’histoire de Saguenay en succédant à Jean Tremblay grâce à une victoire très nette sur ses trois adversaires. Elle a récolté autour de 50 pour cent du suffrage.

La chef de l’Équipe du renouveau démocratique (ERD) arrive à l’hôtel de ville avec neuf nouveaux conseillers, dont trois de l’ERD. L’honneur du Parti des citoyens est sauvé par Michel Tremblay.

Son élection change complètement le portrait politique dominé par la personnalité de Jean Tremblay depuis la fusion, en 2001. C’est un quadriennat d’espoir qui s’annonce ; Mme Néron ayant martelé des valeurs d’ouverture, de démocratie, de transparence et de bonne gouvernance au cours des derniers mois.

Sa victoire vient couronner une série de batailles épiques qu’elle a livrées au cours des quatre dernières années. Jamais une opposition n’avait autant tenu tête au maire Jean Tremblay depuis sa première élection en 1997, à la tête de Chicoutimi.

Le retrait de Jean Tremblay, annoncé à mi-mandat, n’enlève rien à la victoire de Mme Néron. D’une part, Jean Tremblay a été présent dans cette campagne soutenant son successeur, le médecin Dominic Gagnon. D’autre part, Mme Néron a eu à affronter une vedette politique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Jean-Pierre Blackburn, qui a cumulé quatre mandats à Ottawa sous Brian Mulroney et Stephen Harper. Enfin, le quatrième candidat, Arthur Gobeil a fait mal à tous ses adversaires grâce à son fort appui à La Baie.

Le triomphe sans équivoque obtenu par Josée Néron suffit à lui seul à convaincre les autres élus que la population a voté pour le changement et une nouvelle ère. Tous ont intérêt à prendre acte des résultats et agir en conséquence. La nouvelle mairesse a mis de l’avant un programme bâti au fil de plusieurs consultations et a mené une campagne de contenu.

Qui voudra et/ou osera s’opposer à ses plans de nouvelle gouvernance, certes un de ses plus grands chantiers ? La manœuvre des derniers jours à Promotion Saguenay démontre jusqu’à quel point elle aura fort à faire pour « détricoter » des choix qui relèvent désormais du nouveau conseil. Elle a pris des engagements clairs sur la direction de Promotion Saguenay et son aura de nouvelle élue devrait être atout.

Mais avant de commander des résultats, il faut laisser Mme Néron s’installer à l’hôtel, faire le tour du propriétaire et dresser le véritable portrait de la situation. Ses interventions des quatre dernières années lui ont appris là où elle doit agir.

Madame la mairesse entre par la grande porte, elle qui a été dépeinte comme une politicienne d’opposition. Elle s’est défaite de cette image, notamment dans les débats auxquels elle a pris part. Inébranlable face aux attaques, elle a plutôt répondu avec un programme étoffé et une connaissance impeccable des dossiers chauds à Saguenay.

C’est surtout dans le style que les Saguenéens verront la différence. La nouvelle mairesse a démontré une nature modérée, une attitude respectueuse et a promis de travailler avec les élus que les électeurs lui ont envoyés.

S’il y a une chose qui assombrit sa victoire, c’est le peu de candidats de son équipe qui ont été élus. Elle n’aura pas tout perdu parce que le conseil sera composé d’une majorité d’indépendants (11), dont des candidats d’expérience comme Julie Dufour, Simon-Olivier Côté, Marc Pettersen et Carl Dufour. Elle devra composer avec une grande diversité d’élus et utiliser son pouvoir de conviction.

L’existence des partis politiques a été un enjeu qui est revenu comme un bruit de fond dans la campagne. Pertinent, disaient certains, non, affirmaient d’autres. La population vient de trancher, le candidat passe avant le parti. Vox populi, vox dei, dit un vieux dicton, le temps démontrera peut-être que les électeurs ont été sages en choisissant une élue à la tête de leur ville en l’enjoignant de partager le pouvoir.