Festival forestier de Shipshaw.

Nice : la seule issue possible

En remettant sa démission, mardi matin, l'ex-attaché politique du maire Jean Tremblay, Pierre Guillot, a pris la bonne décision. La seule possible compte tenu des circonstances, de la controverse et des nombreuses questions soulevées dans la foulée de «l'affaire de Nice». En agissant de son propre chef, ce dernier évite d'obliger le premier citoyen de la capitale régionale à lui montrer la porte. La nuance, sur le plan politique, est importante.
M. Guillot ne pouvait rester en poste. Certes, le choix des membres de son cabinet ne relève, en bout de course, que du maire Tremblay lui-même. Mais, ceux-ci doivent, surtout dans le cas d'une grande ville comme Saguenay, avoir une image et des capacités de jugement irréprochables aux yeux des citoyens. C'est incontournable et nécessaire. Dans le nouveau contexte qui prévaut sur la scène municipale saguenéenne, avec l'émergence d'une opposition officielle à l'hôtel de ville, sa présence aurait constitué un boulet politique pour Jean Tremblay.
Pression
Le geste posé par M. Guillot accroît, aujourd'hui, la pression sur l'ex-conseiller municipal et actuel directeur-général de la Zone portuaire de Chicoutimi, Fabien Hovington. Officiellement, ce dernier se trouve présentement en congé de maladie. On peut aisément comprendre, sur le plan personnel et familial, l'impact des événements des derniers jours. Sans doute, ce dernier cherche vraisemblablement à gagner un peu de temps, à faire baisser la pression. Sans doute, ce dernier est-il aussi en profonde réflexion...
Néanmoins, les conclusions de l'affaire demeurent les mêmes et sont inéluctables. M. Hovington doit remettre sa démission. Sinon, le conseil d'administration de la Zone portuaire devra démettre le directeur général de ses fonctions. En ce sens, le maire Tremblay a raison d'affirmer que la décision au sujet de l'ancien conseiller municipal, de qui il était proche, ne lui appartient techniquement pas. Toutefois, ce dernier a la légitimité et le poids nécessaires pour influencer les réflexions du CA de la Zone portuaire, un organisme paramunicipal qui gère des équipements publics avec des fonds publics.
Pour ces deux raisons, les mêmes arguments motivant la démission de M. Guillot rendent incontournable le départ de M. Hovington. Il est nécessaire que les individus appelés à gérer des équipements publics et des fonds publics aient un parcours irréprochable, sans failles. Qu'ils aient la pleine et entière confiance des citoyens.
C'est encore plus vrai dans le contexte sociopolitique qui s'installe présentement au Québec, en cette période marquée par la Commission Charbonneau et les questions d'éthique et de gouvernance. Le degré de tolérance envers les zones grises et le flou, dans les affaires publiques, n'existe plus. Et, c'est tant mieux. Aux élus et aux administrateurs de tous les paliers d'en prendre acte. Et de resserrer leur mode de gestion en conséquence, ce qui vaut aussi pour Promotion Saguenay.
Avenir
Ce constat posé, il convient de commencer dès maintenant à réfléchir à l'avenir du Festival forestier de Shipshaw. L'événement a su s'imposer, trouver sa niche et sa clientèle, attirer des artistes réputés et de calibre international. L'événement a été porté par des bénévoles passionnés. Il ne doit pas être emporté dans la tourmente. Et, logiquement, il doit demeurer dans son milieu d'origine, à Shipshaw.
Au cours des derniers jours, plusieurs citoyens et plusieurs élus de Jonquière ont manifesté leur volonté à cet égard, ont démontré leur intérêt à s'y impliquer afin d'en assurer la pérennité. Il convient que les différents paliers de gouvernement, dont l'administration de Saguenay, soient prêts à appuyer ces efforts le moment venu. D'autant plus que la recherche de commanditaires privés risque de s'avérer plus difficile pour une certaine période de temps...
Mais d'abord, il faut que toute la lumière soit définitivement faite sur la situation du festival, sur l'état de ses finances, sur son fonctionnement interne. Les procès-verbaux, les rapports d'activités et tous les autres documents pertinents doivent être déposés. Le festival doit tenir une assemblée générale en règle rapidement.
Cela constitue la première étape vers la renaissance du Festival forestier de Shipshaw sur de nouvelles bases solides.